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Cette start-up vous permet d'investir  sagement dans une propriété viticole

La plate-forme gère le financement de la rénovation d'un château en appellation  Lussac Saint Emilion, en partenariat avec La Française Group

La plate-forme gère le financement de la rénovation d'un château en appellation Lussac Saint Emilion, en partenariat avec La Française Group - WineFund

WineFunding propose aux investisseurs passionnés d'entrer au capital, à partir de 1.000 euros chacun, d'un domaine viticole ou d'une entreprise de la filière. Le financement peut aussi se concrétiser par un "prêt" remboursé en vins.

Comment financer des projets de vignerons ou de chefs d’entreprise dans la filière du vin tout en faisant appel au public ? "Mon expérience dans l'univers du vin m'a montré qu'il y a d'un côté des vignerons talentueux fourmillant de projets mais éprouvant des difficultés à convaincre les banques et de l'autre, des amateurs désireux d'investir dans un secteur qu'ils affectionnent" explique Maxime Debure, fondateur de WineFunding. Rénover une propriété vieillissante, investir dans un chai ou aider à la reconversion d'un vigneron dans le vin bio, font partie des projets que finance cette plate-forme de financement participatif.

"Les plateformes généralistes n'ont pas forcément les bons critères pour jauger des projets trés spécifiques à financer liés au monde du vin et ceux-ci sont rarement des projets en mode start-up" explique Maxime Debure. Pour jauger des projets, sa plate-forme s'appuie sur un comité d'experts spécialistes du vin, qui sélectionnent les dossiers. On y trouve des personnalités aussi diverses que le fondateur du guide du vin Bettane&Desseauve, Michel Bettane, le sommelier du groupe Alain Ducasse, Gérard Margeon, ou Stéphane Derenoncourt, consultant viticole.

Un ticket d'entrée à 1.000 euros pour investir en capital

La plate-forme propose un ticket d'entrée à partir de 1.000 euros pour participer au capital d'une entreprise du secteur. Toutes les opérations de souscription se font en ligne comme sur toute plate-forme Internet de crowdfunding. La première levée de fonds de 344.355 euros passée par l'intermédiaire de la plate-forme a été bouclée fin mai 2016. Elle finance l'opération de croissance externe d'une société qui souhaite acquérir une de ses rivales dans la communication à destination des filières vin, agroalimentaire, bio et culture.

Un deuxième projet, d'envergure plus importante, concerne le financement de la reprise d’une propriété viticole. Pour rénover ce château de 12,5 hectares en appellation Lussac Saint Emilion, près de Bordeaux, un million d'euros est appelé sur la plate-forme par le groupe La Française. Ce montant est le plafond maximal autorité par la réglementation. Un autre projet a trait à la création d'un domaine en biodynamie en Bourgogne. Devant le succès de cette opération de financement en cours, qui vise à réunir 100.000 euros, la plate-forme a abaissé le ticket d'entrée à 500 euros au lieu de 1.000 euros.

Des "prêts" contre un remboursement en caisse de vins

"Pour des montants à financer inférieurs à 100.000 euros, il n'est pas pertinent d'investir en capital à cause des lourdeurs administratives et juridiques et des frais afférents" souligne le fondateur de WineFund. La solution du prêt classique n'a pas été retenue pour autant.

La plate-forme a innové avec un mode de financement qui ressemble à un prêt de 2 à 5 ans, à la différence près que le remboursement s'effectue en vin, non en argent. "C'est comme une prévente de vins sur plusieurs années. Par exemple, l'amateur qui a aura prêté 500 euros sur 3 ans à un vigneron va recevoir chaque année l'équivalent de 200 euros en vins soit 600 euros en tout" explique Maxime Debure.

Bonne nouvelle, la plate-forme s'engage à ce que le premier remboursement "en nature" soit rapide. La première caisse de vin sera expédiée à l'amateur-prêteur, lorsque le montant à financer aura été réuni.

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco