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Cette marque française de vêtement a multiplié ses ventes par 200 en cinq ans

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Project X Paris, une jeune marque de prêt-à-porter, est devenu la première française au classement européen des entreprises dont la croissance a été la plus rapide ces trois dernières années. Portrait.

Vous ne la connaissez sans doute pas. Et pourtant, c'est la toute première entreprise française du prestigieux classement des entreprises européennes qui grandissent le plus vite du Financial Times. Cette marque de vêtement française, baptisée Project X Paris et née en 2013, figure même à la 9ème place du classement général, avec des ventes multipliées par 200 en cinq ans d'existence, et passées de 2 à 13 millions d'euros entre 2015 et 2017. Portrait de cette marque de street-wear au succès aussi fulgurant qu'une pépite de la tech.

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Retrouvez d'autres graphiques sur le site de Statista.

À l'origine de Project X Paris, deux frères: Maxime et Jimmy Gov, aujourd'hui âgés de 25 et 26 ans. "Aux âmes bien-nées, la valeur n'attend point le nombre des années": à 7 et 8 ans, ils aident leurs parents avec leur petit magasin de maroquinerie. Ils continuent de mettre la main à la pâte quand ces derniers créent leur marque et s'installent à la cité mondiale des grossistes d'Aubervilliers, il y a un peu plus de dix ans.

Quand ils lancent leur marque de prêt-à-porter en 2013, les deux frères peuvent miser sur le système de sourcing textile construit par leurs parents; Entre temps, l'ainé, Jimmy, a fait Math Sup Math Spé, puis Centrale Supélec. Le cadet a traversé la Manche, passé six mois à la London Fashion School, puis appelé son frère pour lui dire qu'il est "prêt à se lancer".

"On savait qu'on ne pouvait pas tout de suite viser le marché de masse face à des Zara et H&M bien plus puissants que nous". Les deux frères misent donc sur une niche: les vêtements streetwear pour homme uniquement. Au début des années 2010, Maxime, qui gère toute la partie design, avait en effet identifié une carence de l'offre sur ce segment du survêt' porté façon urbain chic.

Depuis, Orelsan a lancé Avnier et les collab' d'icônes de la street-culture avec des grandes marques déferlent régulièrement sur le marché. Ce qui a d'ailleurs forcé Projet X Paris à élargir sa gamme à la femme aujourd'hui. La marque atteint désormais environ 1000 références par an, avec des collections majoritairement "made in China" mais de qualité, et à prix abordables: une cinquantaine d'euros le pantalon ou le sweat.

Et la croissance est exponentielle: en 2013, sur une année commencée en avril, les deux frères qui commencent comme grossiste en fournissant des boutiques multimarques font 100.000 euros de chiffre d'affaires. Un an plus tard, Projet X Paris atteint le million de ventes, puis 2 millions en 2015. Et puis tout s'emballe: à mesure que des Cyril Hanouna, Booba, Maître Gims, Damso et autres célébrités qu'adorent les ados sont aperçus avec des vêtements de la marque, les ventes explosent: plus de 8 millions en 2016, 13 millions attendus en 2017, et pour 2018, Jimmy et Maxim visent 25 millions d'euros de chiffre d'affaires.

Alors certes, ces 25 millions de ventes restent loin des centaines de millions d'euros de La Halle ou Caroll. Mais ce sont des marques anciennes, connues, qui maillent étroitement le territoire. Projet X Paris n'exploite pour le moment que cinq boutiques en propre, dont la première, son "vaisseau-amiral" rue de Rivoli, n'a ouvert qu'en 2016. La marque qui réalise encore 80% de ses ventes via ses 1500 points de vente clients multimarques dans l'Hexagone compte ouvrir dix nouvelles boutiques en 2018.

Nina Godart