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Ce que coûte à la France la contrefaçon de vins et spiritueux

4,4 % des ventes de spiritueux sont, chaque année, perdues en raison de la contrefaçon, selon l'EUIPO.

4,4 % des ventes de spiritueux sont, chaque année, perdues en raison de la contrefaçon, selon l'EUIPO. - AFP- US Marshals service, Lynzey Donahue

Après l'Espagne, la France est le deuxième pays d'Europe le plus touché par la contrefaçon sur les vins et spiritueux. Selon un récent rapport, le manque à gagner est chiffré à 492 millions d’euros par an en moyenne, entre 2008 et 2013.

Si la France bénéficie d'une valorisante image de marque dans le secteur des boissons alcoolisées, le revers de la médaille a un nom: la contrefaçon. L’Hexagone est le deuxième pays d’Europe le plus affecté par les imitations frauduleuses de vins et spiritueux, d’après un rapport de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO), paru fin juillet. 

Globalement, le manque à gagner est chiffré à 492 millions d’euros par an en moyenne, sur la période 2008-2013. Pour l’ensemble des 28 pays de l’Union européenne, cette estimation s’élève à 3 milliards d’euros. L’Espagne demeure néanmoins la plus durement touchée, avec 670 millions d’euros perdus par an en moyenne, d’après ce document.

Un gros manque à gagner pour l'État

Dans le détail, la France pâtit particulièrement de cette contrefaçon sur le plan des droits d’accises et de la création d’emplois. L’EUIPO estime que l’État français percevrait 100 millions d’euros de plus en taxes indirectes sur la vente d’alcools si aucune boisson alcoolisée contrefaite ne circulait. Le seul pays qui perd davantage est le Royaume-Uni, mais quasiment deux fois plus: 197 millions d’euros.

En prenant compte de l’incidence indirecte de la contrefaçon (pertes de recettes de TVA, d’impôt sur les bénéfices…), ce rapport estime que la France perd 2.553 emplois potentiels. Pour rappel, l’industrie vinicole française emploie plus de 44.000 personnes, soit une part importante du total des emplois du secteur au sein de l’Union européenne, évalué à 120.000. Sur l’ensemble de l’Union européenne, 4.800 emplois seraient "perdus". Précision: ces pertes portent sur les biens produits et consommés à l’intérieur de l’Union européenne.

En France, les spiritueux plus touchés que les vins 

"Sans la présence de faux vins et spiritueux sur le marché, ce secteur serait susceptible d’engendrer la création de 18.000 emplois sur le continent européen notamment dans les domaines de l’agriculture et de l’agroalimentaire avec une estimation avoisinant les 6.500 et 1.300 postes", estime même l’association française lutte contre la corruption Unifab, dans un communiqué diffusé fin juillet.

Il y a tout de même de quoi se consoler: le vin contrefait imitant des appellations françaises se vend relativement mal. Les pertes sur les ventes de vin s’élèvent à 1,4% de recettes en moins pour l’Hexagone, l’un des taux les plus faibles de l’Union. Il atteint 14,9% en Roumanie et 10,1% en Bulgarie. L’impact de la contrefaçon se fait donc surtout ressentir sur les ventes de spiritueux.

Adeline Raynal