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Carrefour et Fnac-Darty discutent d’une alliance

VIDÉO - Les deux enseignes souhaitent mutualiser leurs achats dans les produits électroniques et électroménagers. Des fiançailles qui n’iront pas jusqu’au mariage.

Un avenir commun entre Fnac-Darty et Carrefour est inévitable. Il y a quatre mois, Alexandre Bompard est passé de PDG du distributeur spécialisé à patron du géant de la grande distribution. Depuis, les spéculations se multipliaient sur un mariage entre les deux groupes. Selon les informations de BFM Business, Carrefour et Fnac-Darty discutent depuis quelques mois d’une alliance majeure pour mutualiser leurs achats. Elle consisterait à acheter ensemble les produits électroniques (télés, ordinateurs…) et appareils électroménagers, soit l’ensemble du périmètre de Fnac-Darty. Ses volumes d’achats pèsent entre 6 et 7 milliards d’euros contre 3 à 4 milliards d’euros chez Carrefour.

Les discussions portent sur le périmètre de la France. Encore à un stade préliminaire, elles pourraient aboutir début 2018. Et pourraient éventuellement être annoncées avec le plan stratégique de Carrefour en janvier prochain. Fnac-Darty avait déjà tenté des pourparlers l’an passé. Mais le patron à l’époque du géant de la grande distribution, Georges Plassat, n’avait pas donné suite. Cette fois, la proximité des états-majors des deux groupes devrait faciliter une issue. Alexandre Bompard est encore administrateur de Fnac-Darty, qu’il a dirigé pendant six ans. Et son successeur, Enrique Martinez, était l’un de ses plus proches collaborateurs. C’est lui qui avait d’ailleurs engagé des discussions avec Carrefour. À l’inverse, il sera difficile pour Alexandre Bompard d’aller plus loin et de mettre la main sur son ancienne entreprise.

S’allier aussi avec l'ex-Metro

Une telle alliance serait très importante pour Fnac-Darty puisqu’elle concernerait l’ensemble de ses achats. Elle le serait moins pour Carrefour, étant donné sa taille, mais tout de même stratégique dans la mesure où ses grands concurrents ont déjà noué de tels partenariats. Il y a un an, Casino s’est allié à Conforama pour créer une centrale d’achats commune dans les produits électroniques et électroménagers en France. Dans la foulée, c’était au tour d’Auchan de faire de même avec le spécialiste de l’électronique Boulanger.

Chez les autres concurrents, on sous-estime ce genre d’alliance alors que les produits électroménagers pèsent peu dans les hypermarchés. "Ce n’est pas cela qui va sauver Carrefour" ironise le patron d’une grande enseigne. Mais alors que les rapprochements entre grandes enseignes sont limités, les alliances dans ces "usines d’achats" sont devenues indispensables.

C’est pourquoi selon nos informations, Fnac-Darty ambitionne aussi de poursuivre ses économies d’échelle dans les achats. Des échanges auraient également eu lieu entre le groupe et son actionnaire allemand Ceconomy (ex-Metro) qui a racheté 24,3% de son capital l’été dernier. Selon plusieurs sources, "on est très loin d’une issue mais l’idée existe". Le distributeur allemand pèse environ 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires. L’impact sur la puissance d’achat serait ainsi démultiplié. Mais pour le moment, rien de très concret.

Les relations entre Fnac-Darty et son actionnaire de référence sont encore embryonnaires. Début 2018, Ceconomy héritera de trois sièges au conseil d’administration du distributeur après les départs attendus de l’ancien PDG Alexandre Bompard et Marie Cheval, tous deux partis chez Carrefour. Leur présence devrait ainsi permettre d’approfondir les relations avec le groupe français. Pour le moment, l'ex-Metro considère sa participation dans Fnac-Darty comme un investissement financier. Si leurs relations s’avéraient satisfaisantes, ils pourraient alors décider de prendre le contrôle du groupe. Mais pas avant deux ans.

Matthieu Pechberty