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Camif: la résurrection d'un ex-grand de la VPC

Le fabriqué en France et le developpement durable sont deux des atouts sur lesquels mise la Camif.

Le fabriqué en France et le developpement durable sont deux des atouts sur lesquels mise la Camif. - -

Placé en liquidation en 2008, l'enseigne spécialiste de biens d'équipements et des loisirs, vient de lever 5,2 millions d’euros pour poursuivre son développement. Un redressement accompli grâce au rachat par Matelsom, qui a transformé l’enseigne en pure player.

Quand en 2009, la Camif, la mythique coopérative de biens d'équipements et de loisirs réservées aux enseignants, est placée en redressement judiciaire, qui aurait parié sur une telle rédemption.

Aujourd'hui l’enseigne créee à Niort en 1947 peut se targuer d’avoir renoué avec la rentabilité, avec un chiffre d’affaires de près de 30 millions, en progression de 30% par an. La société vient même de lever 5,2 millions d'euros avec Citizen Capital, afin de poursuivre ses développements.

Un résultat qui s’est opéré grâce au rachat de la marque en 2009 par Matelsom, un site spécialisé dans la vente de literie sur internet. A l’époque, cette start-up parisienne réalisait 15 millions d’euros de chiffres d’affaires. Elle se portait donc acquéreur du 3eme vépéciste de France qui a réalisé jusqu’à 230 millions d’euros de chiffre d’affaires dans ses années de gloire.

Emery Jacquillat, PDG de Camif/Metalsom a explique, ce vendredi 21 juin, sur BFMbusiness, avoir tout misé sur la marque. "Ma conviction c’est qu’une marque ne meurt jamais. La Camif a été créée en 1947 et elle est mythique, avec un attachement de ses clients sociétaires extraordinaire”, a-t-il détaillé.

3,5 millions de clients potentiels

Son idée est simple : utiliser cet acquis pour redéployer ses services dans le e-commerce et ne conserver qu'une seule boutique à
Niort. "Pour réussir sur internet, il faut une marque forte. C’est très précieux quand on sait les coûts d’acquisition d’une notoriété sur Google”, explique Emery Jacquillat.

Autre point fort de son acquisition de la Camif : la base clients forte de 3,5 millions d’adresses. “ C’est elle qui nous a permis de relancer l’activité en 3 ans, puisque l’essentiel du travail de reconquête que l’on a fait c’est de s’adresser aux clients historiques” poursuit le dirigeant

Le seul Made in France ne suffit pas

L’offre a été recentrée sur l’équipement de la maison, l’ameublement, literie et linge de maison. Emery Jacquillat a aussi capitalisé sur la qualité des articles vendus, la fabrication en France, et le développement durable, qui faisaient partie des gènes de la Camif. “Notre premier fournisseur de lit par exemple est un centre de réinsertion par le travail employant du personnel handicapé, basé à Pau, qui utilise du pin des Landes “, donne-t-il en exemple.

Le site propose aussi un outil qui permet de choisir un produit en fonction de son lieu de production, afin de favoriser l’emploi local et minimiser les transports.

Selon lui le marché du développement durable ne concerne plus uniquement “ les bobos, c’est devenu un marché de masse”.

Mais le Made in France, si cher à Arnaud Montebourg, ne suffit pas à vendre. “Il faut de l’innovation, du design” pour séduire le consommateur. Autant de critères qu’ils trouvent chez de nombreuses PME locales. C’est ainsi que 81% des 280 fournisseurs de la Camif produisent en France.

Coralie Cathelinais