BFM Business
Conso

Avec ses futurs paniers anti-inflation, la France copie-t-elle la Grèce?

En Grèce, le gouvernement a établi cet automne une liste de 51 types de produits alimentaires et d'hygiène servant de base à la confection par chaque enseigne de supermarchés d'un panier de la ménagère au prix le plus bas possible. Résultats: 98% des produits concernés ont vu, depuis, leur prix baisser ou se stabiliser. Le modèle français sera très différent.

Les futurs paniers anti-inflation qui pourraient voir le jour d'ici le printemps en France sont-ils d'inspiration grecque? Il y a encore quelques semaines, on aurait pu répondre positivement à cette question. Olivia Grégoire, la secrétaire d’Etat aux PME, à l’artisanat au commerce et au tourisme avait fait plancher ses équipes sur un panier de vingt produits de première nécessité que la grande distribution allait devoir vendre à prix coûtant ou très bas.

Sauf qu'imposer par la loi l'instauration d'un panier de ce type dans tous les supermarchés de France n’était, selon Bercy, pas juridiquement faisable, pour des raisons de concurrence. Seule solution: laisser les enseignes libres de le créer ou non en définissant juste un cadre.

La Grèce l'a imposé à la grande distribution

Le volontariat sera la règle, celles qui ne jouent pas le jeu prenant le risque de perdre des clients. Pas d’obligation non plus dans la composition de ce panier qui devra simplement comprendre 20 produits essentiels pour se nourrir mais aussi pour l’hygiène quotidienne. Tout cela reste pour le moment un peu vague car le dispositif n’est pas encore totalement défini et des réunions avec les acteurs concernés doivent permettre de l'affiner, l’objectif étant d’être prêt en mars.

On est donc loin du panier anti-inflation en vigueur en Grèce depuis l'automne. Le gouvernement conservateur grec a en effet opté pour l’obligation, dès lors qu'une enseigne dépasse les 90 millions d'euros de chiffre d’affaires. La liste des catégories de produits qui doivent figurer dans ce panier a également été fixée par le gouvernement. Elle comprend 51 catégories de produits. Dans chacune, au moins une référence vendue par l'enseigne doit faire partie du panier.

Mise en avant obligatoire dans les rayons et sur internet pour faciliter les comparaisons

Pour les pâtes, par exemple, ce sont les spaghettis. Et pour les matières grasses, au moins un pot de margarine, une bouteille d'huile de tournesol et une d'huile d'olive vierge doit être proposé aux consommateurs. Le produit n’est pas forcément vendu à prix coûtant mais le niveau de la marge doit être très bas et l'administration peut réaliser des contrôles. Par ailleurs, les produits concernés doivent être mis en avant dans les rayons et sur internet afin que les consommateurs puissent comparer les prix d’une enseigne à l’autre.

Le panier anti-inflation grec a-t-il, deux mois après son instauration, porté ses fruits? Selon les dernières statistiques officielles, entre le 1er novembre 2022 et début janvier 2023, 98% des références sélectionnées par les enseignes ont vu leur prix soit baisser soit se stabiliser. Mais les ventes des produits de marque nationale ont, dans le même temps, baissé, sans que l'on puisse dire s'il s'agit d'un effet direct de l'instauration de ce panier anti-inflation. Car en France aussi, l'inflation a entraîné une baisse des ventes en volume des produits des marques nationales.

Pierre Kupferman
https://twitter.com/PierreKupferman Pierre Kupferman Rédacteur en chef BFM Éco