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Confinement: qui a quitté la région Ile-de-France, qui a le plus mal vécu la période?

Le confinement, à Paris.

Le confinement, à Paris. - Martin BUREAU / AFP

Selon une étude, 17% des Franciliens ont mal vécu cette période, un taux qui monte à 24% chez ceux habitant un habitat collectif.

Malgré l'impression d'un exode massif des franciliens pendant le confinement de mars à mai, une étude* mené par l'Institut Paris Région montre que seulement 5% des habitants d'Ile-de-France ont en fait quitté la région.

11% ont néanmoins quitté leur résidence principale et au sein de cette population, 22% ont résidé dans la même commune, 15% dans une commune du même département et 18% dans un autre département d’Ile-de-France.

"Les habitants des communes les plus denses ont majoritairement migré vers des communes moins densément peuplées. C’est notamment le cas des Parisiens", peut-on lire.

La tranche de population qui a été la plus nombreuse à quitter leur résidence principale sont les étudiants et les chômeurs (17 et 15%) tandis que les plus âgés ont été les plus nombreux à rester chez eux (94%).

Les jeunes et les artisans/commerçants sont les plus nombreux à avoir quitter la région

On a également obervé de fortes disparités selon le métier. "Ce sont les artisans, commerçants et chefs d’entreprise, et, dans une moindre mesure, les cadres, qui se sont le plus souvent éloignés de leur résidence principale (respectivement 33% et 14%). Quant aux ouvriers et aux professions intermédiaires, ils ont plus souvent passé le confinement chez eux (respectivement 8% et 9% ont migré)".

Comment les Franciliens ont-ils vécu ce confinement de deux mois? 83% affirme avoir bien vécu le confinement, 19% assurant même l’avoir "très bien" vécu; "un résultat homogène, que les répondants soient restés dans leur résidence principale ou non. Ceux qui ont séjourné hors de leur résidence principale ont, en effet, ni mieux ni plus mal traversé cette période que ceux restés chez eux".

En revanche, les conditions de logement et les aspects socio-démographiques ont bel et bien joué sur l’appréciation donnée par les répondants de leur qualité de vie durant le confinement.

Ainsi, 24% des habitants de la région résident dans un habitat collectif disent avoir mal vécu la période. Et en toute logique, plus le logement est petit, plus le confinement a été difficile à vivre: c'est le cas de 31% des habitants vivant dans un logement où chaque personne dispose de moins de 15 mètres carré. Ou de 19% des habitants vivant dans un logement sans accès extérieur (balcon, jardin, cour...)

Les cadres et les professions intermédiaires sont celles qui ont mieux vécu le confinement

Rappelons que 22% des Franciliens vivent dans un logement sans accès extérieur et 54% dans un logement où chaque personne dispose de 15 à 35 mètres carré.

La situation est également extrêmement hétérogène selon les professions. Les artisans-commerçants et les chefs d’entreprise, les ouvriers et les employés ont plus souvent mal vécu la période que les cadres et les professions intermédiaires (respectivement 28%, 20% et 18%, contre 13% pour les deux dernières catégories citées). Il faut dire que certains ont pu continuer à travailler (ou être en chômage partiel), d'autres non.

Le ressenti varie également selon les secteurs d’activité. Les salariés déclarant plus souvent avoir mal vécu la période travaillent dans les secteurs les plus en tension face à la crise et/ou dans ceux mis à l’arrêt par le confinement (services à la personne, santé et social, mais aussi production, acheminement des marchandises et commerce, et enfin, hébergement et restauration).

À l’inverse, les personnes travaillant dans les secteurs des activités spécialisées, scientifiques et techniques, l’enseignement, les activités financières et d’assurance, l’information et la communication, les arts et spectacles, la construction et l’administration publique semblent avoir été plus protégées.

Enfin, l'étude pointe des différences selon le sexe puisque 18% des femmes ont mal vécu le confinement (cela monte à 22% des 25/34 ans) contre 15% des hommes.

* Cette étude repose sur une enquête de L’Institut Paris Region, confiée à Médiamétrie, qui a interrogé un échantillon de 3028 individus âgés de 18 à 75 ans, représentatif de la population d’Île-de-France par département. Le terrain d’enquête en ligne a débuté le 5 mai, pendant la période de confinement, et s’est terminé le 19 mai, huit jours après la sortie du confinement. La représentativité a été assurée par la méthode des quotas.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business