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Commerce équitable: Max Havelaar va labelliser des produits français

Max Havelaar, qui labellise des produits comme les bananes, le chocolat, le cacao ou le thé, veut adapter son label à des productions françaises.

Max Havelaar France qui labellise depuis trente ans des produits équitables provenant des pays en développement a décidé de "franchir le pas" et "d'adapter cette expérience à des productions agricoles françaises", annonce Blaise Desbordes, directeur général de l'association.

"C'est une petite révolution dans le mouvement Fairtrade de Max Havelaar. Nous allons labelliser pour la première fois du blé et du lait français", a expliqué sur BFM Business le directeur général de Max Havelaar France, Blaise Desbordes. Des yaourts sucrés ou à la vanille et des biscuits chocolatés labellisés devraient ainsi être commercialisés à la fin de l'année.

"C'est une évolution importante et en même temps il y a une cohérence très forte avec l’évolution de la supply chain, de la composition des produits, des problématiques mondiales", a-t-il poursuivi.

Le label Fairtrade/Max Havelaar, qui repose sur des cahiers des charges, garantit notamment sur le respect de l'environnement et sur "une meilleure rémunération aux agriculteurs". "Dans des pays comme la France, malgré la modernité, la sophistication de notre agriculture, il y a des poches de précarité, des poches de misère, qui apparaissent dans les territoires. Et c’est ce à quoi nous avons voulu répondre. Il y a des territoires entiers dans lesquels les agriculteurs ne parviennent pas à gagner ne serait-ce qu’un Smic", a rappelé Blaise Desbordes.

Actuellement ce label concerne des productions des pays du Sud, comme les bananes, le café, le cacao, le thé, le sucre de canne, etc. La direction de l'association a donc dû expliquer sa démarche en interne. "Je suis allé faire un plaidoyer devant les petits producteurs africains et latino-américains", membres du mouvement FairTrade/Max Havelaar, raconte Blaise Desbordes.

Fixation du prix en fonction du territoire

Ils lui ont fait remarquer que les agriculteurs français bénéficiaient de meilleures conditions de vie qu'eux. "Je leur ai répondu que le consommateur français ne comprendrait pas que Max Havelaar ne s'intéresse pas" au sort des paysans de l'Hexagone. Pour adapter son label, Max Havelaar a pris soin de ne pas avoir une démarche globale en raison des variations des coûts de revient et des rendements d'une région à une autre.

Pour adapter son label, Max Havelaar a pris soin de ne pas avoir une démarche globale en raison des variations des coûts de revient et des rendements d'une région à une autre. Il a retenu une méthode "inédite" de fixation du prix garanti en fonction du territoire et d'un objectif chiffré de revenu pour l'agriculteur. Pour son premier lait équitable, il a travaillé avec l'ACLCCP (association Centrales des laiteries coopératives des Charentes et du Poitou) qui espère que cela aidera "à maintenir la filière laitière en déprise depuis quelques années" dans cette région.

Son lait équitable ne sera pas le premier : "il y a une dynamique extraordinaire sur ce produit, on s'est dit que Max Haavelar ne pouvait pas faire l'impasse là-dessus", reconnaît Blaise Desbordes. Pour le blé, l'association travaille avec des céréaliers du sud-ouest, où les rendements sont trop faibles pour permettre à nombre d'exploitants de dégager des revenus corrects.

J. Br. avec AFP