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Ces salariés qui n'en peuvent plus du télétravail

Ils sont de plus en plus nombreux à vouloir revenir travailler au bureau et pas qu'un jour par semaine.

La lassitude gagne, notamment les plus jeunes salariés ou encore ceux qui ont décroché leur premier emploi. Ainsi, 70% des travailleurs de moins de 29 ans sont en détresse psychologique, soit deux fois plus que les 50-59 ans, selon un sondage d'OpinionWay réalisé du 2 au 9 décembre auprès de 2009 salariés français.

A l'image d'Anaëlle, designeuse, qui n'a pas rencontré une seule fois ses nouveaux collègues depuis cinq mois.

"Ce qui me dérange vraiment, c'est le fait de voir vraiment personne", se désole-t-elle sur BFMTV. "Le métro commence à me manquer", ajoute-t-elle même...

"L'enjeu est plutôt humain et managérial que technologique", explique Christophe Nguyen, psychologue du travail. "C'est un préjugé d'affirmer que les jeunes sont digital natives, hyper flexibles, indépendants, et veulent travailler de cette façon qui paraît moderne. Ils sont en perte de repères puisqu'ils n'ont pas eu le temps de s'acculturer à l'entreprise, d'intégrer ses codes et ceux du métier, d'acquérir des certitudes que d'autres travailleurs plus anciens ont pu transposer en télétravail."

Ce phénomène de lassitude n'est pas exceptionnel. Depuis plusieurs mois, des salariés confinés reviennent dans leurs entreprises en présentiel plusieurs jours par semaine malgré les consignes du gouvernement qui fixe à une journée par semaine cette possibilité.

Erosion du télétravail

Rappelons que le mois dernier, seuls 30% des Français ont travaillé depuis leur domicile contre 45% en novembre, provoquant l'inquiétude du gouvernement qui appelle à la "remobilisation" sous peine de "sanctions".

Les directions doivent parfois s'adapter, comme BLH qui accueille ses salariés une journée sur deux en roulement "avec des espaces permettant les gestes barrières", assure son directeur, Nicolas Becot.

D'ailleurs, selon un sondage récent, 77% des entreprises ont pour objectif de faire revenir leurs collaborateurs au bureau cette année.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business