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Camaïeu: grève des salariés à l'aube d'une séquence judiciaire décisive

L'enseigne Camaieu subit de plein fouet la morosité du secteur de l'habillement

L'enseigne Camaieu subit de plein fouet la morosité du secteur de l'habillement - JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

Entre 50 et 70 salariés se sont réunis devant le siège social de l'enseigne à Roubaix pour réclamer des garanties concernant les "possibilités de reclassement et de formation professionnelle" ou encore les "indemnités supra-légales".

Des salariés de Camaïeu étaient en grève lundi à l'appel de la CGT, FO et la CFDT, dont la "quasi-totalité" des entrepôts logistiques de Roubaix (Nord), pour réclamer des "garanties sociales" avant l'examen vendredi par la justice de sept offres de reprise.

Le redressement judiciaire de l'enseigne de prêt-à-porter féminin, annoncé fin mai, "est une stratégie des dirigeants actuels afin de supprimer la dette, le passif, mettre en place un plan social de grande ampleur avec des centaines de licenciements, délocaliser la logistique et le siège", estime la CGT dans son appel à la grève diffusé sur les réseaux sociaux.

"Nous ne pouvons attendre la décision du tribunal de commerce sur le choix du repreneur (...) qui se traduira par des licenciements en septembre", poursuit le syndicat, appelant à la mobilisation pour "préserver l'emploi" et réclamer des garanties concernant les "possibilités de reclassement et de formation professionnelle" ou encore les "indemnités supra-légales".

La grève se poursuit mardi

Lundi matin, entre cinquante et soixante-dix salariés se sont réunis devant le siège social, qui emploie 450 personnes à Roubaix, dont près de 300 dans les bureaux, selon plusieurs sources syndicales. "98% à 99% des salariés de la logistique sont en grève", perturbant fortement le fonctionnement de l'entrepôt dans lequel transite la marchandise destinée à "toute la France", ont assuré à l'AFP Thierry Siwik, représentant de la CGT de Camaïeu, et le délégué CFDT, qui ne souhaite pas donner son nom de famille.

Les salariés "ont voté la poursuite de la grève mardi", ont-ils assuré. "Quelques salariés des bureaux étaient présents" et des salariés des magasins "suivent le mouvement", ont-ils dit, sans pouvoir préciser les taux de participation.

Contactée, la direction de Camaïeu n'était pas joignable dans l'immédiat.

Début juillet, sept offres de reprise, dont cinq partielles, avaient été présentées devant le tribunal de commerce de Lille. Elles ont depuis été améliorées et seront déposées une nouvelle fois d'ici mardi minuit, avant une audience finale vendredi. La décision du tribunal sera mise en délibéré.

L'une des offres émane du management actuel associé à trois fonds d'investissement déjà actionnaires et prévoyait début juillet la reprise de 1.948 emplois et 367 magasins. Selon la direction de l'entreprise, Camaïeu comptait en mars 3.900 salariés et 634 boutiques.

Une autre offre est déposée par la Foncière immobilière bordelaise (FIB), de l'homme d'affaires Michel Ohayon. Prévoyant de reprendre "500 magasins et 2.649 salariés", elle est la "meilleure", selon les syndicats.

C.C. avec AFP