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Avis de tempête entre Berlin et Bruxelles

Entre les panneaux solaires chinois et les faillites bancaires, un point commun: l'Allemagne est de plus en plus mécontente de Bruxelles.

Entre les panneaux solaires chinois et les faillites bancaires, un point commun: l'Allemagne est de plus en plus mécontente de Bruxelles. - -

La Commission européenne a décidé de taxer les panneaux solaires chinois, mardi 4 juin. La décision fait grincer des dents en Allemagne, où la Chine est un partenaire important. Ce n’est pas le seul point de désaccord entre Berlin et Bruxelles.

Pour le gouvernement allemand, l’exécutif européen agit dans la précipitation, sans être allé au bout de l’enquête. Pour le patronat, les deux mois de sursis accordés in extremis à Pékin par Bruxelles sont insuffisants. Et surtout les Allemands insistent sur un fait: 17 autres pays européens les suivent !

Ils redoutent que la décision de la Commission ne mette en péril la santé de leurs affaires avec la Chine. Il faut quand même rappeler que les échanges commerciaux avec les Chinois représentent à présent plus de 85% de ceux réalisés avec les Français. Autre rappel: même les panneaux solaires chinois sont fabriqués avec des machines-outils allemandes.

La gestion des faillites bancaires, l'autre problème

Mais les panneaux solaires ne sont pas le seul problème. Les différents avec la Commission européenne s’accumulent, et il y a une initiative qui dérange Berlin en particulier. Dans les prochaines heures, les commissaires vont débattre d’un document interne qui préconise de centraliser la gestion des faillites de banques à Bruxelles.

Jeudi 6 juin, Michel Barnier, le commissaire européen au marché intérieur et aux services, sera en Allemagne pour discuter du sujet. Un responsable gouvernemental allemand a indiqué que Berlin allait bien lui expliquer qu’il ne faut pas prendre à la légère une position commune du chef du gouvernement allemand et du chef de l’Etat français.

Ne pas "surcharger" la Commission européenne

Or, cette position franco-allemande, présentée à Paris jeudi dernier, a exclu clairement ce plan de la Commission. Mais ce n’est pas le genre, à Berlin, de dénoncer les diktats de Bruxelles. Les Allemands sont plus subtils. Ils cherchent plutôt à rogner les pouvoirs de Bruxelles sans en avoir l’air.

Un haut-fonctionnaire de la Chancellerie nous le disait mardi : "il ne faut surcharger la Commission européenne de mandats contradictoires". En gros, on va procéder par petites étapes, mais on va y arriver.

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Benaouda Abdeddaïm