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Autoroutes: le gouvernement ne compte pas demander la gratuité des péages cet été

L'autoroute A5 au niveau de l'Isle-Aumont (Aube), photo prise le 23 mars, 7e jour de confinement en France.

L'autoroute A5 au niveau de l'Isle-Aumont (Aube), photo prise le 23 mars, 7e jour de confinement en France. - AFP

Le ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a indiqué ce mardi qu’il ne comptait pas demander aux concessionnaires autoroutiers de rendre les péages gratuits cet été parce que l’Etat compte déjà leur demander beaucoup de choses.

Il n'est ni réaliste, ni souhaitable d'exiger cet été la gratuité des péages auprès des sociétés d'autoroutes, a estimé mardi Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d'Etat aux Transports, répondant à une demande de la présidente de l'Occitanie.

"Cette position, on le comprend bien, est un peu politique", a déclaré Jean-Baptiste Djebbari sur RMC et BFMTV. "Sur le plan pratique et contractuel, elle est assez inopérante".

Il réagissait à une demande formulée en fin de semaine dernière par Carole Delga, présidente socialiste de la région Occitanie. Elle a demandé aux concessionnaires de rendre gratuit l'accès aux autoroutes pendant tout l'été, dans l'idée d'aider aux départs en vacances et à la relance du secteur touristique.

Des tarifs en fonction de la propreté des véhicules

"Mme Delga sait très bien que tout ça est noué et géré par des contrats qui, d'ailleurs, n'ont pas été négociés par nous mais qui continuent à s'appliquer", a rappelé Jean-Baptiste Djebbari, faisant allusion à la privatisation des autoroutes françaises dans les années 2000.
"Si Mme Delga veut rembourser le niveau de péages aux sociétés concessionnaires en Occitanie, je l'invite à entrer en contact avec les concessionnaires en question", a-t-il ironisé.

Le secrétaire d'Etat, qui a rappelé que les concessionnaires avaient rendu les péages gratuits pendant la crise sanitaire pour les personnels soignants, a jugé qu'il n'était pas souhaitable de priver ces sociétés d'une source de revenus dans le contexte actuel.

"On a besoin encore des concessionnaires pour faire des investissements assez majeurs", a-t-il estimé, évoquant notamment l'installation de bornes pour véhicules électriques.

Ces dernières sont actuellement au nombre de 24.000 sur l'ensemble du réseau routier, concédé ou non, et Jean-Baptiste Djebbari juge possible de faire passer leur nombre à 100.000 dès 2021, contre un objectif actuel de 2022.

Le ministre a aussi évoqué un gros travail à venir sur les grilles tarifaires des autoroutes, et notamment un projet de tarifs adaptés au niveau d'émissions des véhicules. Par exemple, des péages qui coûteraient moins chers pour ceux qui roulent à l'électrique, et plus chers pour ceux qui conduisent des autos très polluantes. 

N.G. avec AFP