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Augustin de Romanet (ADP) lance un cri d'alarme: "tout le secteur aérien meurt à petit feu"

Pour le PDG d'Aéroports de Paris, "tout le secteur aérien meurt à petit feu". Selon lui, il est urgentissime d'autoriser les aéroports à faire des tests sur tous les passagers au départ car les gens ne voyagent plus: "le trafic aérien international est à 12% de ce qu'il est normalement."

Invité de BFM Business, Augustin de Romanet, PDG d'ADP (Aéroports de Paris) estime qu'il y a "urgence absolue à rétablir une connectivité aérienne et à autoriser les aéroports à réaliser des tests Covid-19 au départ pour tous les passagers".

"Les gens ne prennent plus l'avion, ne sachant pas quelles procédures suivre ou s'il va pouvoir être testé avec un résultat dans les 72 heures. Ce qui se joue est crucial. Il y a le feu à la maison, le secteur aérien meurt à petit feu. Le trafic aérien international est tombé à 12% de ce qu'il est normalement" s'est-il exclamé.

Vers un protocole sanitaire européen

D'ici quelques jours l'agence européenne de sécurité aérienne (EASA) va proposer un protocole sanitaire applicable en Europe et qui permettra de supprimer les quarantaines.

"Ce protocole va arriver très vite sur les bureaux des pays européens qui pourront s'en saisir. À partir du moment où vous aurez été testé au départ, avec un test rapide si possible, et où, au pire, vous aurez été re-testé à l'arrivée quelques jours après, il n'y aura aucune raison qu'il y ait des quarantaines" a expliqué le patron d'ADP.

"Il faut redonner confiance aux pays d'arrivée"

"Je le dis solennellement, si on ne retrouve pas de connectivité aérienne d'ici deux ou trois mois ce sont des centaines de milliers d'emplois qui vont disparaître, des sous-traitants aux assistants d'escale en passant par les commerçants des aéroports", alerte Augustin de Romanet.

Selon lui, il faut d'abord redonner confiance aux pays d'arrivée. Pour cela il faut que ces tests soient possibles dans les aéroports de départ.

"On a passé, il y a un mois et demi, des accords avec des laboratoires pour tester tous les passagers au départ. Il nous a été indiqué, il y a 15 jours, que nous n'avions pas le droit de faire ces tests car ils étaient réservés aux passagers symptomatiques. Donc, un passager non symptomatique ne peut pas prendre l'avion! C'est une situation qui est en train de détruire des centaines de milliers d'emplois" s'est exclamé le PDG d'ADP.
Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco