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Augustin de Romanet (ADP): "La crise du Covid a conduit le transport aérien à être doublement choqué"

Invité ce lundi sur BFM Business, le président d'Aéroports de Paris estime que le trafic aérien ne retrouvera pas avant 2026 son niveau d'avant-crise.

Le trafic aérien mettra des années à se remettre de la crise du Covid. Alors que la fréquentation des aéroports parisiens a chuté de 50% en 2020, Augustin de Romanet, le président d'ADP estime sur BFM Business que le retour à la situation d'avant-crise est une chemin qui prendra des années.

Il y a aujourd'hui une unanimité de tous les experts pour considérer que le point moyen serait entre 2024 et 2026, reconnaît Augustin de Romanet. Pourquoi? Imaginez que cette année nous ayons 50% du trafic de 2019, c'est-à-dire qu'à Paris, nous aurions une cinquantaine de millions de passagers et si chaque année, nous faisons 20% de croissance par rapport à ces 50 millions, ça ne fait que 10 millions de plus, il vous faut quatre années et demi pour retrouver les 100 millions."

Selon le patron d'ADP, l'envie de voyager à nouveau sera longue à redémarrer d'autant qu'à la crise sanitaire s'ajoute la question envionnementale.

Ce qu'aura produit ce Covid c'est deux choses: d'abord une encoche incroyable dans le trafic aérien. D'autre part, une prise conscience de faire la transition énergétique qui est apparue dans une corrélation temporelle, analyse le patron d'ADP. La crise du Covid a conduit le transport aérien à être doublement choqué et à conduire l'ensemble de la planète à des changements de comportements."

"Pas appel à "maman Etat"

Et pour faire face à ces chocs, le plus grand gestionnaire d'aéroports de la planète a du réduire ses coûts. Un plan d'économie avec la suppression de 700 postes qui crée des tensions au sein de l'entreprise mais que son patron assume.

Bien sûr qu'il y a une tension forte et pour une raison très simple: le fait qu'une entreprise publique ne fasse pas appel à "maman Etat" pour dire "venez me sauver, venez m'apporter de l'argent" mais se dise "je veux être maître de mon destin, je veux être fier de la façon dont j'économise l'argent public, explique Augustin de Romanet. Si nous avons pu faire toutes ces économies c'est grâce à une culture de responsabilité qui progresse par rapport à une culture traditionnelle d'entreprise dont l'Etat était actionnaire qui voyait comme une impossibilité absolue qu'une entreprise se prenne par la peau du cou".
Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco