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Airbus s’intéresse à Atos

Le groupe aéronautique lorgne la branche cybersécurité d’Atos. Mais les difficultés de la division informatique freinent ses ambitions.

Le bal des prétendants pour Atos ne cesse de s’élargir. Après l’offensive ratée de Thales, c’est Airbus qui s’intéresse au groupe d’informatique. Selon plusieurs sources, le groupe "a étudié le dossier"ces dernières semaines car sa direction a "des ambitions dans le digital" ajoute l’une d’elles. Contacté, le groupe n’a pas souhaité commenter nos informations.

Airbus lorgne évidemment la pépite d’Atos, sa branche de cybersécurité, l’ancien Bull et son supercalculateur. Il souhaite se développer dans ces métiers qu’il opère déjà dans sa division "Defence and Space". Atos est déjà son partenaire depuis plusieurs années.

En 2015, les deux entreprises ont signé un partenariat stratégique en R&D pour développer ensemble des solutions de cybersécurité. Trois ans plus tard, ils ont ainsi gagné ensemble un appel d’offres auprès de l’Union européenne pour protéger les services informatiques des 17 institutions, services et agences européennes.

Airbus ne veut pas de la branche informatique

Pour autant, la situation d’Atos est compliquée alors que la large partie de son activité est encore liée à la gestion de services et de parc informatiques qui sont en fort déclin. Le groupe accumule les difficultés depuis plus d’un an. Il a enchainé deux alertes sur ses résultats depuis l’été dernier. Ses marges ont été divisées par deux, son chiffre d’affaires baisse et son cours de Bourse a chuté de 60% en un an.

Du coup Airbus n’a pas donné suite à ce stade. "Guillaume Faury juge que ce dossier est trop compliqué par rapport aux enjeux d’Airbus" résume une source, notamment la reprise du transport aérien post-covid. "C’est une bonne idée qu’Airbus s’intéresse à nous", confie pourtant un proche d’Atos qui semble préférer l’avionneur à Thales dont l’offensive a été mal vécue le mois dernier.

Atos présentera son plan stratégique en mai

Airbus ne se lancera pas dans une acquisition d’Atos car il ne souhaite pas conserver l'ensemble du groupe, en particulier son activité historique de services informatiques. Pour résoudre ce problème, Thales envisageait d’ailleurs de s’allier à un fonds d’investissement qui l’aurait reprise. Les deux groupes de défense ne s’intéressent qu’à la branche cybersécurité d’Atos. C’est aussi pour cette raison que les autres prétendants comme Cap Gemini ou Orange ne sont jamais sortis du bois. Les métiers historiques d’Atos pourraient en revanche intéressés des groupes comme Inetum, l’ancien GFI, ou Sopra Steria, encore très investis dans l’informatique, comme l’avait révélé BFM Business.

Airbus reste toutefois attentif à l’évolution d’Atos. Car son nouveau directeur général, arrivé début janvier, a réalisé une deuxième purge des comptes et promis de redresser le groupe. Rodolphe Belmer présentera sa feuille de route aux investisseurs en mai prochain. Le groupe s’interroge sur l’avenir de sa division de services informatiques. "Doit-elle s’allier à un partenaire pour la redresser ou la vendre?" résume une source proche d’Atos. Au risque d’être ensuite la cible de tous ces prétendants qui n’attendent que ça pour partir à l’assaut.

Matthieu Pechberty Journaliste BFM Business