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Le patron d'Airbus présente ses projets d'avions propulsés à l'hydrogène

"Notre ambition est d'être le premier constructeur à mettre en service un tel appareil en 2035" explique Guillaume Faury, le patron d'Airbus.L

"Notre ambition est d'être le premier constructeur à mettre en service un tel appareil en 2035" explique Guillaume Faury, le patron d'Airbus.L - PASCAL PAVANI © 2019 AFP

Le patron d'Airbus, Guillaume Faury, a pour objectif prioritaire de mettre au point un aéronef décarborné, propulsé à l'hydrogène. Il dévoile trois projets afin d'aboutir à un premier avion en service commercial en 2035.

"Non seulement nous sommes prêts mais c'est notre objectif depuis plusieurs années" révèle Guillaume Faury, le président exécutif d'Airbus à propos du développement d'un avion propulsé à l'hydrogène, dont la trainée en vol ne générera que de l'eau.

"La mise en service d'un programme est prévue aux environs de 2028. Notre ambition est d'être le premier constructeur à mettre en service un tel appareil en 2035" déclare-t-il dans Le Parisien.

Cette échéance est calée sur l'objectif d'un "avion neutre en carbone", qu'a fixé le gouvernement français, qui a prévu d'y consacrer 1,5 milliard d'euros d'ici à 2022 dans le cadre de son plan de soutien au secteur aéronautique présenté en juin 2020.

Airbus travaille sur 3 concepts

Le choix et la maturation des technologies prendra cinq ans puis deux pour celui des fournisseurs et sites industriels, selon lui. "Donc, la mise en programme est prévue aux environs de 2028".

Airbus travaille sur trois concepts, explique Guillaume Faury. Le premier "est un avion de configuration classique pouvant aller jusqu'à 200 places avec un rayon d'action permettant de faire plus de 3.500 kilomètres".

Un réservoir d'hydrogène liquide à l'arrière de l'avion

Le réservoir, cylindrique, plein d'hydrogène liquide serait logé dans la partie arrière de l'appareil qui pourra être propulsé directement au moyen de ce gaz. Un mode alternatif de propulsion consistera à utiliser l'hydrogène liquide pour alimenter des piles à combustibles générant de l'électricité.



"Le second sera un avion à hélice, pouvant embarquer environ 100 passagers, pour des trajets plus courts" tandis que "le troisième est plus disruptif", selon lui: il s'agit d'une "aile volante d'environ 200 places qui permet d'étudier une configuration complètement différente pour le stockage de l'hydrogène et la propulsion".

Au-delà des développements techniques, le cadre réglementaire doit nécessairement évoluer d'ici là pour autoriser l'utilisation de l'hydrogène dans les avions commerciaux, rappelle Guillaume Faury. "Il faudra également que les infrastructures dans les aéroports soient prêtes et que l'hydrogène vert soit disponible en grande quantité", soutient-il.

"Nous n'aurons pas besoin de milliers de pompes d'approvisionnement, mais seulement de quelques unes sur les aéroports où nous exploiterons les premières lignes" explique le patron d'Airbus."
Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco