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2016 bien partie pour être l'année de l'investissement

Les chefs d'entreprise dans l'industrie anticipent une hausse de leurs investissements de 7% cette année

Les chefs d'entreprise dans l'industrie anticipent une hausse de leurs investissements de 7% cette année - Boris Horvat - AFP

L'Insee a publié ce mardi 9 février sa première enquête sur les investissements, qui montre que les entreprises dans l'industrie prévoient une hausse de 7% pour cette année. Un niveau quasi-inédit, qui signale que la reprise est en train de changer d'orientation.

Les vents semblent de plus en plus favorables pour que la croissance française marque le coup en 2016. La dernière statistique publiée par l'Insee ce mardi 9 février ne fait que le confirmer un peu plus. L'institut a publié les résultats de son enquête sur l'investissement auprès des chefs d'entreprise dans l'industrie.

Pour 2016, les patrons tablent sur une hausse de 7%, soit 3% de plus qu'en octobre dernier, date à laquelle l'Insee avait publié sa précédente enquête. Dans le cadre des seuls biens d'équipement, l'augmentation serait même de 18%. 

Un encouragement

"C'est plutôt une bonne nouvelle dans la mesure où l'on craignait que l'environnement incertain sur les marchés émergents mine le moral des chefs d'entreprise", commente Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC.

"C’est très encourageant. On est sur la deuxième prévision la plus forte depuis 2000. Seule 2011 était plus élevée et l'effet de rattrapage était alors plus important", considère pour sa part Frederik Ducrozet, économiste chez Pictet.

"Ce chiffre est en ligne avec la bonne tendance observée sur les comptes nationaux de 2015. Déjà l'investissement repartait. Et il vient s'ajouter à l'accumulation d'éléments micro et macro-économiques (enquête sur les PME, chiffres sur le crédit) qui sont bons", ajoute-t-il.

Vers 2% de croissance annuelle?

Il est vrai qu'avant cette excellente statistique de l'Insee, de nombreux baromètres montraient que les patrons de PME étaient plus optimistes que jamais concernant leurs investissements en France. À tel point que l'un des moteurs tant attendus de la croissance semble enfin s'allumer.

"La croissance est désormais centrée sur la demande domestique et c'est jusqu'à présent la consommation des ménages qui l'a tirée. On espère que cette reprise va prendre de l'ampleur et on attend pour cela que l'investissement se muscle", explique Jean-Louis Mourier.

"Ces données montrent que la qualité de la reprise s'améliore, indépendamment du niveau de croissance. Car avoir une croissance tirée par l'investissement est bien plus important qu'une croissance portée, par exemple, par les stocks", abonde Frederik Ducrozet. Ce dernier considère en ce sens qu'une "accélération est à prévoir". "Sans aller jusqu'à un chiffre irréaliste de 3%, on peut envisager de tendre vers les 2%", conclut-il.