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Dossiers - Page 2

 Buitoni a décidé de procéder à un rappel immédiat de l’ensemble des pizzas surgelées Fraîch’Up.

Bactérie E.coli dans des pizzas Buitoni

La France connaît depuis fin février 2022 une recrudescence de cas de syndromes hémolytiques et urémiques (SHU) liés à une contamination à la bactérie Escherichia coli. Ces cas, qui provoquent une insuffisance rénale, se manifestent chez les enfants. Deux d'entre eux sont morts à la suite de ces contaminations. Il y a bien un lien entre des pizzas de la marque Buitoni (Nestlé) et certains de ces contaminations récentes, ont annoncé les autorités sanitaires. Des analyses "ont confirmé un lien entre plusieurs cas et la consommation de pizzas surgelées de la gamme Fraîch'Up de la marque Buitoni contaminées par des bactéries Escherichia coli", a écrit dans un communiqué la Direction générale de la santé, qui dépend du gouvernement. Quelle pizza est concernée? Un rappel massif de la gamme Fraîch'Up a eu lieu à la mi-mars. Les consommateurs qui détiendraient des pizzas Fraîch’Up de marque Buitoni sont invités à "ne pas les consommer" et à "les détruire". "Il est également recommandé aux personnes détenant dans leur congélateur des pizzas surgelées ayant été séparées de leur boîte, et dont la gamme et la marque ne peuvent pas être formellement identifiées ou clairement connues, de ne pas les consommer et de les détruire", précise les autorités sanitaires. À la suite de cette affaire, Nestlé a indiqué fin mars que des tests menés dans son usine de Caudry, dans le Nord, qui produit certaines des pizzas de la marque Buitoni qui ont été contaminées, se sont avérés négatifs. "La priorité" pour l'entreprise, c'est désormais de trouver l'origine de la contamination, a expliqué Pierre-Alexandre Teulié, directeur général de la communication de Nestlé France. Le professeur François-Xavier Weill, qui dirige à l'institut Pasteur le centre de référence qui séquence tous les cas d'E.coli en France, s'interroge notamment sur "la farine utilisée pour la pâte à pizza". Se pose aussi la question de la cuisson de ces pizzas car le mode de contamination le plus courant pour E.coli est la consommation d'aliments "crus ou pas suffisament cuits". Les autorités sanitaires rappellent la nécessité de consulter un médecin en cas d'apparition, dans les dix jours après la consommation de la pizza, de diarrhées, douleurs abdominales ou vomissements. La consultation s'impose aussi si, dans les quinze jours, apparaissent des signes de grande fatigue, de pâleur, ou une diminution du volume des urines, qui deviennent plus foncées. "En l'absence de symptômes dans les 15 jours suivant la consommation, il est également rappelé qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter", conclut la Direction générale de la Santé. Escherichia coli, dite E.coli, désigne en réalité toute une famille de bactéries, qui sont très loin d'être toutes dangereuses pour la santé. Au contraire, elles sont présentes en grand nombre dans l'appareil digestif où une partie d'entre elles jouent un rôle dans le bon fonctionnement de l'organisme. Mais certaines variétés d'E.coli peuvent, à l'inverse, provoquer des intoxications. Il s'agit, le plus souvent, de variétés "productrices de shigatoxines" comme c'est le cas dans cette vague récente de contaminations françaises. Si ces intoxications passent généralement sans dommages en une dizaine de jours, elles peuvent dans de rares cas provoquer des complications, le plus souvent un "syndrome hémolytique et urémique" (SHU), avant tout chez les jeunes enfants et les personnes âgées, avec comme conséquences potentielles un coma ou la mort. "On estime que, pour jusqu'à 10% des patients, l'infection à E.coli (productrice) de shigatoxines peut évoluer en SHU, avec un taux de létalité de 3 à 5%", résume l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Un agent de sécurité vérifie le pass sanitaire d'une femme qui entre sur un marché de Noël à Ajaccio (Corse), le 7 décembre 2021.

Pass sanitaire et pass vaccinal

Instauré en France en juin 2021 pour lutter contre l'épidémie de Covid-19, le pass sanitaire est devenu un sésame indispensable pour accéder à certains établissements recevant du public comme les restaurants, les salles de spectacles, les salles de sports ou encore pour réaliser des déplacements de longue distance en transports en commun (vols intérieurs, trajets en TGV, Intercités et trains de nuit, cars interrégionaux). Pour obtenir un pass sanitaire, il fallait initialement remplir l'un des trois critères suivants: bénéficier d'un schéma vaccinal complet ; disposer d'un test négatif récent - désormais de moins de 24 heures ; avoir été contaminé par le Covid-19 il y a au moins 11 jours et moins de 6 mois Depuis le 15 décembre 2021, les règles du pass sanitaire ont évolué pour les personnes âgées de 65 ans et plus, ainsi que les personnes vaccinées avec le vaccin monodose Jannsen. Pour conserver un pass sanitaire valide via la vaccination, ces personnes doivent avoir reçu une dose de rappel quand ils y sont éligibles. Cette règle concernera tous les adultes à partir du 15 janvier 2022. Ce pass sanitaire doit devenir début 2022 un "pass vaccinal", qui ne pourra être activé qu'avec un schéma vaccinal complet et non plus un simple test négatif, a annoncé le Premier ministre Jean Castex mi-décembre. "Désormais seule la vaccination sera valable dans le pass", a insisté le chef du gouvernement à l'issue d'un conseil de défense sanitaire. "Il n'est pas admissible que le refus de quelques millions de Français de se faire vacciner mette en risque la vie de tout un pays et entame le quotidien d'une immense majorité de Français qui a joué le jeu depuis le début de cette crise", a martelé le chef du gouvernement. Le projet de loi dédié à ce "pass vaccinal" devrait être examiné en Conseil des ministres le 5 janvier, puis débattu dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale à partir du lundi 10 janvier, avant d'être transmis au Sénat. L'exécutif espère son adoption d'ici fin janvier pour une entrée en vigueur "dans la foulée", selon Gabriel Attal. En parallèle, le gouvernement envisage d'étendre le pass sanitaire à toutes les entreprises - au-delà des secteurs de la santé et au contact du public comme c'est le cas aujourd'hui. Une initiative qui suscite la colère des oppositions, qui dénoncent un dispositif "inefficace", trop tardif, ou "punitif". Ce pass sanitaire se heurte à la problématique des trafics. Les forces de l'ordre ont mis au jour un total de 182.000 faux pass sanitaires depuis l'instauration du dispositif cet été, dans le cadre de 400 enquêtes, selon un nouveau bilan dressé fin décembre par le ministère de l'Intérieur. Face à la multiplication des faux pass sanitaires, police et gendarmerie ont renforcé leurs investigations numériques et répertorié d'autres modes opératoires, dont l'achat de faux certificats de vaccination sur internet et l'usage frauduleux d'un QR code attribué à un tiers. Les autorités traquent aussi les professionnels de santé ou agents administratifs qui fournissent de faux pass.

Amélie de Montchalin et Olivier Dussopt le 30 mars 2022.

Polémique McKinsey: l’influence des cabinets de conseil

Y a-t-il une "affaire" McKinsey? À proximité immédiate de l'élection présidentielle, le camp d'Emmanuel Macron tente de déminer la polémique sur le recours aux cabinets de conseil, en particulier McKinsey, que les adversaires du président-candidat présentent comme le symbole d'une connivence avec les milieux d'affaires. Cette pratique est particulièrement contestée depuis la publication d'un rapport sénatorial soulignant un "phénomène tentaculaire". Selon ce rapport, les dépenses de conseil des ministères sont passées de 379,1 millions d'euros en 2018, à 893,9 millions d'euros en 2021. La polémique est avivée par certains des contrats dévoilés par les sénateurs, qui portent sur des réformes clivantes, comme celle des APL, ou encore un rapport sur "les évolutions du métier d'enseignant" et leur rémunération au mérite. "Cette polémique est liée à des gens qui ont fait des contrevérités", a commenté Emmanuel Macron lors d'un déplacement à Fouras (Charente-Maritime), à un peu plus d'une semaine du premier tour. "Quand vous embauchez un fonctionnaire, vous l’avez toute la vie", a-t-il poursuivi. "Mais il faut qu’il ait des compétences dont vous avez besoin dans la durée. Quand c’est une mission ponctuelle, ce n’est pas une bonne utilisation de votre argent de créer un emploi dont nous allons payer toute la carrière et la retraite." Le président de la République considère donc "tout à fait légitime de se dire que si l’on a besoin d’une mission, je prends quelqu’un pour la mission, soit un contractuel, soit un prestataire". D'autant que, argue-t-il, l'État y a "quatre à cinq fois moins" recours "car on a plus de fonctionnaires" que les pays voisins. La veille, au cours d'une conférence de presse commune, les ministres de la Transformation et de la Fonction publique, Amélie de Montchalin, et des Comptes Publics, Olivier Dussopt, ont également tenté d'éteindre le début de polémique. Selon eux, le recours aux cabinets de conseil est "habituel et utile" et que la pratique est "répandue", "habituelle" et "utile" dans la "majorité des cas". Le cabinet McKinsey est particulièrement sous le feu des projecteurs car accusé de ne pas avoir payé d'impôts sur les sociétés en France entre 2011 et 2020. Mais il ne représente 5% des dépenses de conseil en stratégie de l'État, a détaillé Olivier Dussopt. Et le gouvernement représente de son côté 5% du chiffre d'affaires de McKinsey, a-t-il ajouté. En face, tous les adversaires du président-candidat, de Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen, se sont emparés de l'affaire. "Emmanuel Macron et ses amis tentent de mettre sous le tapis le McKinseyGate, véritable scandale d'Etat", tacle Jordan Bardella (RN), alors qu'Eric Zemmour accuse Emmanuel Macron "d'avoir renvoyé l'ascenseur" parce que "les gens de McKinsey ont travaillé pour sa campagne électorale" en 2017. L'écologiste Yannick Jadot promet, lui, que, s'il était élu, ce serait "la fin de l'insupportable arrogance" des cabinets de consultants qui, "à coups de centaines de millions d'euros par an, ont pensé, sur commande des gouvernements, la suppression des lits d'hôpitaux, la réduction des APL et autres réformes brutales".

Le palais de l'Élysée le 15 mai 2012 (photo d'illustration)

Election présidentielle 2022

L'élection présidentielle française de 2022 est hors norme sur plusieurs plans. Les Français seront appelés à aller voter pour désigner le président ou la présidente de la République dans un contexte extraordinaire : pandémie de coronavirus, guerre en Ukraine, fragmentation politique, crise économique... Les candidats officiels sont : Valérie Pécresse, Anne Hidalgo, Yannick Jadot, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Dupont Aignan, Jean Lassalle, Nathalie Arthaud, Philippe Poutou, Fabien Roussel, Eric Zemmour et Emmanuel Macron. Les sondages, plus nombreux que jamais, ont mis au jour diverses dynamiques de campagne. Tandis que le président de la République bénéficie du contexte international, les autres candidats tentent d'exister dans une campagne difficile en faisant des propositions, analysées en détail dans notre comparateur de programmes et déclarations. Retrouvez toutes les informations pratiques sur l'élection présidentielle - dates, bureaux de vote, protocole sanitaire, procuration, listes électorales, campagne, débats, sondages et résultats - dans notre mode d'emploi de l'election. Les électeurs devront choisir le président de la République au suffrage universel direct en avril 2022, cinq ans après la victoire d'Emmanuel Macron, face à Marine Le Pen le 7 mai 2017. Cette précédente élection avait été marquée par l'élimination des deux partis historiques dès le premier tour : à gauche le Parti socialiste, divisé sur la candidature de Benoit Hamon et, à droite, Les Républicains embourbés dans l'affaire Fillon. Ce dernier était arrivé troisième, suivi de près par Jean-Luc Mélenchon. Alors que les électeurs s'étaient majoritairement portés sur Emmanuel Macron au second tour, contre Marine Le Pen, l'issue d'une configuration similaire en 2022 seraient incertaine. On dû renoncer les perdants aux primaires partisanes : Sandrine Rousseau pour EELV ou Eric Ciotti chez LR. Mais aussi Arnaud Montebourg, en raison d'une campagne difficile. Enfin, certaines candidatures n'ont pas obtenu les parrainages nécessaires à leur validation, notamment celle de Christiane Taubira, François Asselineau ou Hélène Thouy.

Le ministre de l'Intérieur veut ramener le calme en Corse

Tensions en Corse: vers plus d'autonomie?

Depuis la violente agression d'Yvan Colonna le 2 mars, condamné à la perpétuité pour l'assassinat du préfet Erignac en 1998, les manifestations violentes se sont succédé en Corse. La question du statut de l'île s'est invitée dans les débats de l'élection présidentielle. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a indiqué être prêt "à aller jusqu'à l'autonomie". Une évolution dans le dialogue avec les élus locaux, alors qu'Emmanuel Macron, en début de mandat, avait promis d'inscrire le statut particulier de l'île dans la Constitution.

Photo d'Yvan Colonna prise le 4 juillet 2003 après son arrestation en Corse pour l'assassinat du préfet Erignac

Yvan Colonna

Le militant indépendantiste corse Yvan Colonna a été très grièvement blessé début mars 2022 par un codétenu, condamné pour terrorisme, de la prison d'Arles. Depuis entre la vie et la mort, il a été victime "d'une strangulation à mains nues, puis d'un étouffement", a précisé le procureur de Tarascon. Son agresseur, Franck Elong Abe, a été mis en examen pour "tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste" par des juges d'instruction du tribunal judiciaire de Paris. Son geste, a-t-il dit aux enquêteurs, fait suite à un "blasphème" - le détenu corse aurait "mal parlé du prophète", a appris BFMTV de source judiciaire. Yvan Colonna a été condamné à la perpétuité pour l'assassinat du préfet Erignac, le 6 février 1998 - un acte "barbare... sans précédent dans notre histoire", a dénoncé le président Jacques Chirac à l'époque. Mais ce berger, nationaliste corse convaincu, a toujours nié son implication. Lorsqu'en mai 1999, quand sont arrêtés les membres du groupe suspecté de l'assassinat et qu'interviennent les premières dénonciations, Yvan Colonna prend le maquis. Une cavale de quatre ans, jusqu'à son arrestation en juillet 2003. Sa piste a été suivie du Venezuela à la Sardaigne en passant par Vanuatu ou le Costa Rica, mais il était en réalité dans son île, dans une bergerie près de Propriano. Suit une longue saga judiciaire, avec trois procès avant une condamnation définitive à la réclusion criminelle à perpétuité (sans période de sûreté) en 2011. Mais Yvan Colonna a toujours nié. "J'ai jamais tué personne, j'ai jamais pensé tuer quelqu'un", avait-il insisté lors de son dernier procès. Mais il assume: "Je suis nationaliste, je pense que je le serai toujours". Il déclarait toutefois avoir quitté le militantisme en 1989-1990, après la naissance de son premier fils, pour se consacrer à sa famille et à son élevage caprin. Incarcéré à Fresnes (Val-de-Marne), Toulon puis Arles, entre autres, il a multiplié les demandes de rapprochement en Corse, toutes refusées pour ce "détenu particulièrement signalé". En 2018, sa femme, qu'il a épousée en prison et avec qui il a eu un fils aujourd'hui âgé d'une dizaine d'années, interpellait Emmanuel Macron lors d'une visite à Ajaccio: "Mon fils de six ans n'a pas vu son père depuis un an et demi. S'il vous plait, faites quelque chose". "Que votre enfant puisse voir son père, que les personnes qui sont détenues dans notre pays puissent voir leur famille, ça fait partie des choses que nous allons assurer", lui avait alors répondu le président.

Le présentateur Jean-Pierre Pernaut dans les studios de TF1 à Boulogne-Billancourt, le 12 février 2015

Jean-Pierre Pernaut est mort

Le journaliste Jean-Pierre Pernaut, figure emblématique du JT de TF1 pendant plus de 30 ans, est mort le mercredi 2 mars des suites d’un cancer à l'âge de 71 ans. "Le père de Tom, Lou, Olivier et Julien est décédé des suites de son cancer du poumon", a déclaré l'agent de son épouse Nathalie Marquay-Pernaut, quelques minutes avant que TF1 ne confirme la disparition du journaliste. Pendant 33 ans, Jean-Pierre Pernaut s'était imposé comme le roi de l'info de la mi-journée, avec une formule axée sur la proximité, souvent critiquée mais toujours très populaire. Il s'était retiré du JT, le 18 décembre 2020, alors qu'il était au plus haut de ses audiences et de sa popularité. Il avait alors été remplacé par Marie-Sophie Lacarrau, transfuge de France 2.

Une résidente et une employée d'un Ehpad, photographiés en avril 2020 (photo d'illustration).

Dysfonctionnements dans les Ehpad

Des personnes âgées "rationnées", abandonnées dans leurs excréments ou laissées sans soin pendant des jours: la parution fin janvier 2022 d'un livre-enquête dénonçant l'obsession de la rentabilité au sein du groupe privé de maisons de retraite Orpea a entraîné un large débat public sur la manière dont les seniors sont traités dans les Ehpad, ces établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Le groupe Orpea est mis en cause dans le livre Les Fossoyeurs, du journaliste Victor Castanet. L'auteur y décrit un système où les soins d'hygiène, la prise en charge médicale, voire les repas des résidents sont "rationnés" pour améliorer la rentabilité de l'entreprise. Et ce alors que les séjours sont facturés au prix fort. Une auxiliaire de vie, dont l'auteur a recueilli le témoignage, raconte par exemple à quel point elle devait "se battre pour obtenir des protections" pour les résidents. "Nous étions rationnés: c'était trois couches par jour maximum. Et pas une de plus. Peu importe que le résident soit malade, qu'il ait une gastro, qu'il y ait une épidémie. Personne ne voulait rien savoir", raconte cette femme dans Les Fossoyeurs. Le livre revient également sur les conditions de la mort de l'écrivaine Françoise Dorin en janvier 2018, des suites d'une escarre mal soignée, moins de trois mois après son entrée dans un des établissements du groupe Orpea. Auditionné devant la Commission sociale de l'Assemblée nationale, le PDG du géant des maisons de retraite Philippe Charrier a exclu qu'il y ait "un système Orpea consistant à optimiser le profit pour rationner nos prestations". "Je vous l'affirme: ce système n'existe en aucun cas à Orpea. Le vrai système Orpea, c'est qu'à tous les niveaux on essaie de prendre soin des personnes qui nous sont confiées". "Quand il y a des événements indésirables, nous les suivons de très près. Nous les rapportons aux autorités de santé, nous menons des investigations et nous corrigeons", a assuré Philippe Charrier, évoquant 391 "événements indésirables" en 2021, dont "36 suspicions de maltraitance". L'émission "Cash Investigation" de France 2 a depuis promis "de nouvelles révélations" à l'issue d'une enquête que mène son équipe "depuis plus d'un an sur les Ehpad privés", entraînant la chute en bourse d'Orpea, mais aussi de Korian, autre mastodonte du secteur, également visé par des signalements. La patronne du groupe de maisons de retraite, Sophie Boissard, a défendu les Ehpad privés, en demandant à l'État un effort financier et une définition des normes de contrôle des établissements, dans une interview aux Échos. "Il serait calamiteux qu'à la suite de la publication du livre de Victor Castanet, on jette le bébé avec l'eau du bain", a dit Me Boissard, pour qui l'ouvrage "vise le système d'une entreprise en particulier", qu'on ne peut extrapoler à toutes les autres. Elle a estimé que le secteur souffre d'un manque de financement public, avec dans le cas de Korian une dotation moyenne pour les soins et la dépendance de 60 euros par patient et par jour. C'est "effectivement insuffisant au regard des besoins de la grande dépendance" pour Isabelle Boissard, qui met en regard pour les Pays-Bas une dotation de 200 euros.

Patrick Balkany, alors maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), et son épouse Isabelle, première adjointe, lors du conseil municipal du 15 avril 2019.

Affaires Balkany

Longtemps maire et première adjointe de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), Patrick et Isabelle Balkany font désormais davantage parler d'eux pour leur parcours judiciaire que pour leurs anciens mandats électifs. Le 13 septembre 2019, le tribunal correctionnel de Paris a condamné Patrick Balkany, alors encore maire, à quatre ans de prison pour fraude fiscale avec incarcération immédiate. Isabelle Balkany, son épouse et première adjointe, est condamnée à trois ans de prison, sans mandat de dépôt. Après une tentative de suicide début mai, elle n'avait pas assisté au procès au printemps. Les deux élus se voient également infliger dix ans d'inéligibilité. Le baron des Hauts-de-Seine est incarcéré à la Santé à Paris et son épouse prend les commandes de la ville. Dans le second volet du procès, Patrick Balkany est condamné le 18 octobre 2019 à cinq ans de prison pour blanchiment aggravé de fraude fiscale, assortis d'un nouveau mandat de dépôt. Il est relaxé des délits de corruption et prise illégale d'intérêts. Son épouse est condamnée à quatre ans d'emprisonnement, sans incarcération immédiate. Le 3 décembre 2019, Patrick Balkany se déclare candidat aux élections municipales à venir en mars. Il y renonce deux semaines plus tard. Hospitalisé le 12, il n'assiste qu'au premier jour de son procès en appel. La justice autorise le 12 février 2020 sa mise en liberté pour raison de santé, avec un contrôle judiciaire léger. Le 4 mars 2020, la cour d'appel de Paris le condamne à trois ans de prison pour fraude fiscale, sans le renvoyer derrière les barreaux. Son épouse est également condamnée à trois ans. Les époux renoncent à se pourvoir en cassation et sont démis de leur mandat à Levallois-Perret. Le 27 mai 2020, Patrick et Isabelle Balkany sont condamnés en appel à respectivement cinq et quatre ans de prison, sans incarcération immédiate, pour blanchiment aggravé de fraude fiscale, mais aussi pour prise illégale d'intérêts. Le couple se voit aussi infliger dix ans d'inéligibilité. Il se pourvoit en cassation. Le 24 juillet 2020, Patrick Balkany est mis en examen pour "détournement de fonds publics". Il est soupçonné d'avoir utilisé des agents municipaux à des fins personnelles entre 2010 et 2015. Le 9 février 2021, l'ex-maire est à nouveau mis en examen, notamment pour "détournement de fonds publics". Plusieurs personnes de son entourage sont également poursuivies dans cette affaire, qui porte sur des soupçons d'utilisation frauduleuse de locaux appartenant à la ville de Levallois, entre 2008 et 2015. En mars 2021, Patrick et Isabelle Balkany sont placés sous bracelet électronique pour purger dans leur propriété de Giverny (Eure) leur condamnation pour fraude fiscale. Le 30 juin, la Cour de cassation confirme définitivement leur culpabilité pour blanchiment de fraude fiscale aggravé, mais ordonne un nouveau procès sur le quantum des peines et sur les intérêts civils. Celui-ci doit avoir lieu le 9 février 2022. Le 17 décembre 2021, à la suite d'une centaine d'incidents, la justice révoque le placement sous bracelet électronique du couple, décision confirmée en appel le 3 février 2022. Isabelle Balkany est hospitalisée le même jour après avoir, selon son mari, fait une nouvelle tentative de suicide. La procureure d'Evreux annonce ce lundi 7 février que Patrick Balkany "va être incarcéré" dans la journée à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne).

Les secours mobilisés le 13 novembre 2015, lors des attentats de Paris.

Attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis

A Paris, l'horreur des attentats. "Carnage" et "scènes de guerre" : au moins 130 personnes ont été tuées et près de 300 blessées, dont 80 gravement, vendredi 13 novembre 2015 dans une série d'attaques terroristes sans précédent à Paris et près du Stade de France, avec pour la première fois en France des actions kamikazes. Après une première attaque à Saint-Denis, les fusillades s'enchaînent dans les rues de Paris et visent des terrasses de cafés et restaurants : Le Petit Cambodge, Le Carillon, Café Bonne Bière, Casa Nostra, La Belle Équipe, Comptoir Voltaire. Simultanément, des terroristes entrent au Bataclan et ouvrent le feu sur le public assistant au concert des Eagles of Death Metal, puis retiennent des otages. Peu après minuit, l'assaut de la BRI est donné. L'état d'urgence est décrété par le gouvernement. Quelques jours après, Abdelhamid Abaaoud est retrouvé et tué avec deux complices dans un assaut à Saint-Denis. A Bruxelles, également en état d'alerte, Salah Abdeslam est arrêté après quatre mois de fuite. Le seul survivant du commando du 13 novembre est le principal accusé du procès des attentats qui débute à Paris en septembre 2021.

Dossier - Le variant Omicron.

Covid-19: le variant Omicron

Le variant Omicron est une nouvelle version du SARS-CoV-2 (le coronavirus à l'origine du Covid-19) qui a été identifiée fin novembre au Botswana, puis en Afrique du Sud. Sa particularité, c'est son nombre élevé de mutations par rapport à la souche initiale du virus, dite de Wuhan, et les précédents variants, comme le Delta, qui domine largement les contaminations mondiales depuis l'été 2021. On ne sait pas précisément où et comment est apparu Omicron. Une hypothèse séduit de nombreux scientifiques: le virus aurait peu à peu muté à bas bruit dans l'organisme d'une personne immunodéprimée, un processus qui aurait mis plusieurs mois pour aboutir à une version nettement différente de la souche initiale. Ce nouveau variant est manifestement très contagieux. Il se propage "à un rythme que nous n'avons jamais vu avec aucun autre variant" et "se trouve probablement dans la plupart des pays", a averti mi-décembre Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). L'Afrique du Sud et ses voisins ont enregistré une flambée de cas de Covid avec l'arrivée d'Omicron, qui a aussi connu une avancée fulgurante dans plusieurs pays européens. C'est le cas du Danemark et du Royaume-Uni. Plus largement, Omicron pourrait être dominant en Europe d'ici à la mi-janvier, selon la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Va-t-il définitivement remplacer Delta? C'est une forte probabilité mais les scientifiques évoquent d'autres possibilités: qu'Omicron supplante un temps son prédécesseur mais finisse par lui laisser à nouveau la place ou que les deux variants coexistent comme c'est le cas pour certaines souches du virus de la grippe saisonnière. Source d'inquiétude: les mutations d'Omicron sont de nature à considérablement réduire l'immunité par anticorps contre le virus. Conséquence: il peut probablement réinfecter des personnes précédemment atteintes du virus et contaminer un nombre important de vaccinés. Plusieurs études récentes, faites en laboratoire, appuient cette dernière hypothèse. Elles montrent que le taux d'anticorps s'effondre face à Omicron chez des vaccinés avec Pfizer/BioNTech, Moderna, et, plus encore AstraZeneca ou Sinovac. Certes, une dose de rappel semble relancer nettement l'immunité par anticorps, comme l'ont notamment annoncé Pfizer et BioNTech, mais on est très loin de savoir à quel point cet effet perdure dans le temps. Toutefois, cela ne signifie pas que les vaccins perdent toute leur efficacité. Car les anticorps ne sont qu'un des volets de la réponse immunitaire, qui passe aussi par des cellules appelées lymphocytes T. Plus difficile à mesurer, cette "immunité cellulaire" n'en joue pas moins un rôle très important, notamment contre les formes graves de la maladie. De fait, une étude publiée en Afrique du Sud laisse penser que le vaccin Pfizer/BioNTech reste plutôt efficace contre les formes graves générées par Omicron, y compris après les deux premières doses.