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Filles des oiseaux

Un an et demi après avoir évoqué dans Filles des Oiseaux sa rude jeunesse chez les religieuses, Florence Cestac, unique dessinatrice Grand Prix du Festival d’Angoulême, retrace la suite, soit cinquante ans de luttes féminines. Mai 68 est passé par là. Le premier tome de Filles des Oiseaux était en sépia, mais la dernière case, en couleur, promettait des changements pour la société et les femmes.

Cinquante ans plus tard, le bilan est cependant en demi-teinte, constate Florence Cestac: "68 a été une libération. Nous les femmes avons eu beaucoup d’acquis. Ça nous a filé une énergie et une envie de faire les choses qui n’étaient pas de mise avant. On sortait vraiment d’un monde tout gris", explique-t-elle, avant d’ajouter: "On s’est dit qu’on allait changer le monde et ça n’a pas vraiment été le cas. On est un peu en train de détricoter tout ce qu'on a acquis. Certains essayent de revenir sur le droit à l’avortement. C’est terrifiant". Comme souvent chez Cestac, ce nouveau cru est truffé de bons mots. On y retrouve aussi son style graphique inimitable, tout en rondeur et en gros nez.

Filles des oiseaux, tome 2, Florence Cestac, Dargaud, 56 pages, 13,99 euros.

Dargaud 2018

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