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Shingouz (L’Ambassadeur des ombres, 1975)

"Je n’aime pas dessiner d’après des photos. Je n’aime pas dessiner des bagnoles, des tanks, des avions… donc je dessine des trucs un peu fantastiques. C’est une question de goût. Je ne savais pas que j’étais capable d’en dessiner, mais très vite je me suis rendu compte que cela ne me posait pas tellement de problèmes. On travaille sur l’imaginaire et forcément, tant que le personnage n’est pas sorti de l’encrier, il n’existe pas! C’est à moi de trouver. Et tout cela se développe évidemment en relation avec le scénariste. Il voyait que j’aimais dessiner cela. Il ne me donnait pas un aspect physique, mais la psychologie et le rôle dans l’histoire de la créature: si c’est un marchand, un faux-jeton, un espion… C’est un casting, comme une pièce de théâtre ou un script de cinéma. Il y a un texte, les acteurs l’apprennent et je suis le metteur en scène, je les fais jouer: c’est ainsi que l’idée précise me vient et que je dessine, par exemple, les trois Shingouz sortant de l’ascenseur dans L’Ambassadeur des ombres. Christin les avait prévus juste pour cet album. C’est seulement après que l’on a décidé de les garder. Comme chacun file des bouts d’information, leur dialogue est coupé en trois parties. Dans le film, Besson a trouvé une petite innovation sur ce principe qui est très bien."

Copyright Mézières Christin Dargaud 2017

Les Créatures de Valérian et Laureline Racontées par Jean-Claude Mézières