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Pourquoi certaines couleurs du célèbre Cri de Munch s'estompent

"Le cri" d'Evard Munch, exposé au musée d'Oslo, en 2006.

"Le cri" d'Evard Munch, exposé au musée d'Oslo, en 2006. - Cornelius Poppe - Scanpix Norway Out - AFP

Afin de comprendre comment sauver ce chef d'oeuvre, une équipe de scientifiques de l'université d'Anvers a étudié de minuscules morceaux de peinture qui s'étaient décollés de la toile.

Le Cri, d'Edvard Munch, est l'un des tableaux les plus célèbres au monde. Et parce qu'il semblait perdre en éclat et s'effriter avec le temps, des chercheurs de l'université d'Anvers en Belgique se sont lancés dans une étude approfondie afin de sauver ce chef-d'oeuvre, avant qu'il ne soit trop abîmé. 

Cette étude a été menée par une équipe internationale de scientifiques, sur l'une des cinq versions du Cri réalisées par le peintre norvégien entre 1893 et 1917, raconte le site La Libre - celle qui avait été volée en 2004 au musée d'Oslo, puis retrouvée deux ans plus tard, détériorée. Les spécialistes ont notamment rapporté que le coin inférieur gauche du tableau était imprégné d'humidité, et que la couleur jaune (que l'on retrouve dans le coucher du soleil ainsi que sur le personnage qui hurle) s'effritait et s'estompait.

Les chercheurs ont alors mis au point une technique "qui a permis de visualiser la répartition des éléments chimiques comme le cadmium, le mercure et le chlore sur l'ensemble de la surface de la peinture", selon le professeur Koen Janssens, cité par La Libre.

"Cela nous a permis de découvrir que la peinture jaune était riche en composés chlorés et cela précisément aux endroits où la peinture est endommagée", a-t-il expliqué. 

Un taux d'humidité trop élevé

L'équipe s'est ensuite attelée à analyser de minuscules morceaux de peinture s'étant décollés de la toile qui s'effritait. Et en ont conclu que "le sulfure de cadmium jaune vif semble s'être oxydé en un sulfate de cadmium incolore". Une réaction déjà observée sur d'autres oeuvres, rapporte Koen Janssens. 

"Cette transformation spontanée a déjà été constatée sur d'autres peintures d'autres artistes connus de cette époque, comme Vincent Van Gogh, James Ensor ou Henri Matisse."

Conclusion: c'est un taux d'humidité trop élevé qui a eu raison du Cri de Munch, et non, comme on aurait pu le croire, une lumière trop forte. Pour sauver le précieux tableau, le musée Munch d'Oslo va le transférer dans un nouvel espace avec un taux d'humidité de 45%.

Nawal Bonnefoy