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Les archives du Père Castor inscrites au patrimoine mondial de l'Unesco

Couverture de Quipic le hérisson, un album du Père Castor.

Couverture de Quipic le hérisson, un album du Père Castor. - Editions Gallimard, Communauté de communes Briance-Sud Haute-Vienne

Les archives contiennent non seulement des documents et dessins se rapportant à la conception et la diffusion des albums, mais aussi des courriers envoyés par des enfants au Père Castor.

Poule rousse, Roule galetteMichka, Ali BoronUn pantalon pour mon ânon  ou encore Le Cheval Bleu  figurent désormais en bonne place aux côtés du Metropolis de Fritz Lang, de la déclaration des Droits de l'homme et du citoyen, de l'appel du 18 juin 1940 et des films Lumière. 

Les archives du Père Castor, la collection de livres jeunesse, ont été inscrites en fin d'année 2017 au registre "Mémoire du monde" de l'Unesco. Une information confirmée ce mercredi par l'agence de l'Onu. 

Constituées par Paul Faucher (1898-1967), le fondateur de la collection de l'éditeur Flammarion, ces archives comprennent des documents relatifs à ses débuts en tant que libraire à Flammarion (1921) mais surtout des documents ayant trait à la conception, à la fabrication et à la diffusion de la collection "Les albums du Père Castor" (1931-1967), indique l'Unesco.

"Il y a des dessins originaux publiés dans les albums de l'époque, les correspondances échangées entre l'éditeur et les artistes, les dossiers de fabrication, les premières éditions des albums. On retrouve aussi les courriers envoyés par les enfants au Père Castor, des articles de presse", a expliqué à France Bleu Limousin Émilie-Anne Dufour, directrice de la médiathèque du Père Castor à Meuzac (Haute-Vienne). 

Une reconnaissance "assez incroyable"

Les archives retracent donc depuis le début la conception de la collection et tout l'univers qui s'est construit autour.

"J'ai été vraiment élevée au Père Castor. Cette reconnaissance est énorme et assez incroyable", a réagi auprès de la radio locale Anne-Catherine Faucher, petite-fille de Paul et elle-même éditrice. 

Le comité d'experts chargé d'étudier les propositions d'inscription, réuni en octobre dernier, avait recommandé celle des archives de cette collection traduite dans une vingtaine de langues, ayant enchanté des générations de petits lecteurs, jusqu'à aujourd'hui encore. Cela avait été aussitôt approuvé par la directrice générale d'alors, la Bulgare Irina Bokova, selon l'Unesco.

Le registre "Mémoire du monde" de l'organisation de l'ONU pour l'éducation, la science et la culture, fondé en 1992, a pour souci de préserver les ressources documentaires de toutes sortes, en les conservant avec les techniques appropriées, mais aussi de les faire connaître, par exemple en favorisant leur numérisation.

Des créateurs de nombreuses nationalités

Le succès de la collection, à laquelle ont collaboré des créateurs russes, allemand, polonais, tchèques, hollandais, suédois, belges et français, avait été au rendez-vous dès sa création par Paul Faucher, un adepte de l'Éducation nouvelle

Pour l'Unesco, ces ouvrages ainsi que les jeux éducatifs conçus par l'Atelier du Père Castor, "ont rendu efficients et accessibles au plus grand nombre, les acquis théoriques des pédagogues du mouvement de l'Education Nouvelle".

Dans les près de 300 boîtes d'archives conservées par la médiathèque du Père Castor ainsi que par Madrigall à Paris (maison mère de Flammarion), figurent en particulier des matériaux de réflexion pédagogique ayant abouti à la création des albums du Père Castor.

L.A., avec AFP