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Le spectacle vivant, grand oublié du déconfinement

Des danseurs répétant le spectacle du chorégraphe britannique Akram Khan, lors du 73e festival d'Avignon en juin 2019.

Des danseurs répétant le spectacle du chorégraphe britannique Akram Khan, lors du 73e festival d'Avignon en juin 2019. - Boris Horvat - AFP

Le déconfinement s'accélère, a indiqué Emmanuel Macron dans son allocution dimanche soir. Mais le secteur du spectacle vivant reste dans l'incertitude.

Ils réclamaient "un déconfinement total et sans distanciation pour une reprise véritable". Les entrepreneurs du spectacle vivant ont été déçus par l'absence d'annonces les concernant, lors de l'allocution d'Emmanuel Macron, dimanche soir.

"La France est en zone verte, mais nous restons confinés", ont ainsi estimé les acteurs de la filière des musiques.

Si le chef de l'Etat a évoqué la réouverture des cafés et restaurants en Ile de France dès ce lundi, il n'a pas eu un seul mot pour les événements culturels et leur éventuelle reprise. Le ministre de la Culture Franck Riester ne s'est pas exprimé non plus. 

Festivals, salles de théâtre et de concerts sont donc toujours à l'arrêt, sans perspective de reprise ou date de réouverture, à l'inverse des cinémas, autorisés à rouvrir le 22 juin prochain. 

"Spectacle cadenassé"

"Il faut déconfiner le spectacle vivant", réclamait le 12 juin dernier le Prodiss, première organisation patronale du spectacle musical dans le privé, dans un communiqué, également signé par d'autres organismes représentant notamment les salles, festivals, théâtres privés, cabarets, le Camulc et le Sndtp.

"Un spectacle cadenassé par les contraintes Covid, avec une salle au deux tiers vide de public ne fait pas sens", indiquaient encore ces organisations. "La distanciation s'appliquerait aux spectacles mais pas dans les trains: une différence de traitement qui pose aujourd'hui question". "Si les spectacles ne reprennent pas, la casse sociale sera inéluctable", ont encore prévenu ces organismes représentatifs.

"Si votre gouvernement estime à présent que les conditions sanitaires sont réunies dans les autres domaines de la société (transports, parcs de loisirs, hôtellerie et restauration, lieux de culte, etc.), cette norme doit alors s'appliquer à nos établissements, par souci de cohérence", ont enfin martelé le Sma (450 adhérents de la filière musiques actuelles) et la Fedelima (140 lieux et projets de musiques actuelles) interpellant également le président de la République, le premier ministre et le ministre de la Culture, dans une lettre ouverte.

"Zone de flou"

Ces deux entités souhaitent un "accord de principe en vue d'une reprise (...) en configuration debout à compter du 1er septembre en revenant à la norme usuelle, soit 3 personnes debout/mètre carré". 

Et de demander une clarification de la "zone de flou pour les événements dont les jauges sont inférieures à 5.000 personnes": "nous n'avons toujours pas de consigne explicite quant à la possible tenue de ces événements d'ici au 31 août".

"Parmi nos adhérents, nous comptons 45 festivals qui doivent se dérouler entre le 1er septembre et le 31 décembre, comme les Rencontres Trans Musicales de Rennes par exemple", ajoutent le Sma et la Fedelima, qui veulent "dès ces prochains jours un accord de principe pour leur maintien". 

Magali Rangin avec AFP