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L'enfant, première cible de la journée européenne de l'obésité

Les enfants seront la première cible de la Journée européenne de l'obésité, qui se traduira en France par une campagne de sensibilisation à un mal qui y touche 6,5 millions de personnes, dont un enfant sur six. /Photo d'archives/REUTERS/Toby Melville

Les enfants seront la première cible de la Journée européenne de l'obésité, qui se traduira en France par une campagne de sensibilisation à un mal qui y touche 6,5 millions de personnes, dont un enfant sur six. /Photo d'archives/REUTERS/Toby Melville - -

PARIS - Les enfants seront la première cible de la Journée européenne de l'obésité, qui se traduira en France par une campagne de sensibilisation à...

PARIS (Reuters) - Les enfants seront la première cible de la Journée européenne de l'obésité, qui se traduira en France par une campagne de sensibilisation à un mal qui y touche 6,5 millions de personnes, dont un enfant sur six.

Spots radiotélévisés, affiches représentant des pieds sur une balance, conseils délivrés dans les grands magasins, consultations en pédiatrie marqueront, les 21 et 22 mai, ces journées organisées pour la première fois en France autour du slogan "Ma santé, c'est ma vie et j'en prends soin".

Les enfants seront particulièrement visés par la distribution d'un "Petit quotidien du bien manger", de cahiers de coloriage et un jeu pour iPod où l'on propose notamment de reconnaître les fruits de saison et de compter les calories.

Au début des années 2000, on comptait en France un enfant sur six atteint d'obésité, contre un sur 20 à la fin des années 1970. Une situation qui tend à s'améliorer grâce aux efforts des pouvoirs publics, se réjouissait au début du mois la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, en présentant le bilan du Programme national Nutrition Santé (PNNS) 2005-2010.

Entre 2000 et 2007, le surpoids et l'obésité chez l'enfant sont passés de 18% à 16%, soulignait-elle, le nombre d'adultes consommant cinq fruits et légumes par jour a augmenté de 16% et la consommation de sucre diminué de 10%.

Les spécialistes remarquent que le nombre d'enfants atteints d'obésité s'est stabilisé dans les pays ayant engagé des politiques de santé publique, comme la Suisse ou la Suède.

Ce n'est pas le cas de pays qui n'ont pas agi, comme le Portugal ou la Grande-Bretagne, où la proportion d'enfants obèses est de 30%.

"ALERTER LES PARENTS"

"Un enfant n'est pas en surpoids parce qu'il ne mange pas cinq fruits et légumes par jour, mais parce qu'il mange mal et qu'il ne se dépense pas assez", souligne François-Marie Caron, pédiatre.

Selon lui, c'est vers l'âge de six ans que doivent être détectés les premiers signes d'obésité chez l'enfant, qui est censé s'être beaucoup affiné à cet âge.

"Il faut alerter les parents", a dit le médecin lors d'une conférence de presse de présentation de la Journée européenne de l'obésité, à Paris. "Ce n'est pas l'enfant qui fait les courses, ce n'est pas lui qui prépare les repas ni lui qui met les gâteaux dans le cartable", a-t-il fait remarquer.

L'école a aussi son rôle à jouer.

Le ministère de l'Agriculture étendra à la rentrée 2010 l'opération "Un fruit pour la récré", qui concernera un million d'enfants, contre 400.000 actuellement dans 1.800 établissements, a rappelé Pascale Briand, chargée de ce dossier au ministère.

D'après l'Organisation mondiale de la santé, l'Europe compte en 2010 quelque 150 millions de personnes obèses, soit 20% de la population, et 15 millions d'enfants et d'adolescents souffrant de cette pathologie.

En France, le problème concernait en 2009 14,5% de la population, soit presque 6,5 millions de personnes, contre 8,5% en 1997, selon les chiffres d'une enquête menée tous les trois ans (ObEpi).

Elizabeth Pineau, édité par Gilles Trequesser