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GTA 4 : le jeu, le succès et la polémique

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Le 4e opus de Grand Theft Auto est sorti mardi sur consoles. Vol, violence, mafia au menu de ce jeu promis à un énorme succès.

La sortie de GTA IV est un événement : des prévisions de ventes astronomiques, des critiques déjà dithyrambiques et tous les ingrédients pour une polémique. Avec plusieurs mois de retard, GTA IV : Liberty City, créé par le studio Rockstar Games, est sorti ce mardi 29 avril, pour Xbox 360 et PlayStation 3. D'emblée, les chiffres annoncés donnent le tournis : selon Reuters, les ventes devraient engendrer plus de 400 millions de dollars dès la première semaine, et le jeu pourrait devenir le produit culturel le plus vendu de tous les temps, toutes catégories confondues.

Le principe

Dans la nouvelle version, qui se déroule toujours à Liberty City, ville calquée avec un sens rare du détail sur New York, vous serez Niko Bellic, émigré d'Europe de l'Est. Le jeu garde le même principe : gravir les échelons de la pègre, passer du simple petit truand au statut de parrain. C'est ce qui a fait la renommée de Grand Theft Auto : il n'y a pas de scénario vraiment prédéfini, le joueur décide de ce qu'il fait. Rouler sur des passants, tuer des policiers, fréquenter les boîtes de strip-tease et plus si affinités, éliminer des rivaux, recruter des prostituées pour la fête du commissariat, tout cela demeure à la discrétion du joueur.

Pour la première fois, un mode multijoueur en ligne

En dehors d'un réalisme, accru par la puissance des consoles de nouvelle génération, le jeu intègre des éléments de la vie quotidienne de 2008, comme l'e-mail, le GPS ou le téléphone mobile. L'interface elle-même se met au goût du jour et, pour la première fois, Grand Theft Auto dispose d'une fonction multijoueur en ligne.

Le jeu, comme ses prédécesseurs, est déconseillé aux moins de 18 ans (une classification surtout due au fait que le personnage peut avoir des relations sexuelles), mais pas interdit. A Chicago, le jeu n'était même pas sorti que la régie de transport urbain retirait les publicités placardées sur ses bus et sur ses bâtiments.

Incitation à la violence ?

« GTA est un jeu qui met à mal toutes les hypothèses sur ce qu'est la violence dans les jeux vidéo », estime le psychologue Michael Stora (qui utilise les Sims comme outil thérapeutique). « Dans GTA, il y a des missions totalement amorales, mais c'est normal, nous sommes dans un contexte de gangsters ; le problème, c'est que lorsque je rate une mission, je peux utiliser le jeu comme punching-ball et aller tuer tout le monde en ville pour me défouler. » Plus que la violence, la transgression et l'immoralité, c'est l'absence de contraintes qui rendrait ce jeu délicat : « J'adore ce jeu, mais le niveau de vigilance des policiers devrait être plus élevé ; il n'y a pas assez de résistance. »

Pour Michel Bonnet, en charge des nouvelles technologies dans l'association Familles de France qui plaidait pour la création d'une haute autorité pour mieux encadrer la classification des jeux vidéo, GTA reste « un jeu d'adultes, réservé aux adultes ». Mais le véritable problème serait celui de la responsabilisation : « Si GTA IV est vendu chez Leclerc à hauteur d'enfant, comment voulez-vous qu'on leur explique qu'ils n'y ont pas droit ? explique-t-il. C'est surtout un problème d'éducation, il faut que les parents soient plus pédagogues. Il faut être serein par rapport à GTA, il y a des jeux plus dangereux, plus violents et plus pernicieux, comme Postal 2 ». Si même Familles de France le dit...

La rédaction et 01net