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Cannes: les "mercenaires" d'Irak dans le collimateur de Loach

Dans "Route Irish", en lice pour la Palme d'or à Cannes, le gentleman en colère Ken Loach (photo) s'en prend aux sociétés privées qui emploient des agents de sécurité en Irak, des "mercenaires" semblant agir en toute impunité. /Photo prise le 21 mai 2010/

Dans "Route Irish", en lice pour la Palme d'or à Cannes, le gentleman en colère Ken Loach (photo) s'en prend aux sociétés privées qui emploient des agents de sécurité en Irak, des "mercenaires" semblant agir en toute impunité. /Photo prise le 21 mai 2010/ - -

CANNES - Dans "Route Irish", en lice pour la Palme d'or à Cannes, le gentleman en colère Ken Loach s'en prend aux sociétés privées qui emploient...

CANNES (Reuters) - Dans "Route Irish", en lice pour la Palme d'or à Cannes, le gentleman en colère Ken Loach s'en prend aux sociétés privées qui emploient des agents de sécurité en Irak, des "mercenaires" semblant agir en toute impunité.

Fergus, un ex-SAS, persuade son amie Frankie de venir en Irak intégrer son équipe d'agents, un travail bien payé.

Quelques années plus tard, Frankie meurt sur la "Route Irish", la plus dangereuse, qui relie l'aéroport de Bagdad à la "zone verte", enclave hautement sécurisée de la ville.

Fergus, interprété par l'acteur de télévision Mark Womack, ne croit pas à l'explication officielle du décès de son ami et va faire sa propre enquête de retour en Angleterre.

De fil en aiguille, il va faire la lumière sur les agissements douteux de la société qui les employait, gérée comme une entreprise pour qui la guerre en Irak, ou tout autre champ de bataille, sont l'occasion de conclure de juteux contrats.

L'incident crucial sur lequel enquête Fergus implique une équipe comprenant deux mercenaires colombiens.

Dans ses notes de production, Paul Laverty, scénariste attitré de Ken Loach, remarque que "le métier de la guerre est en train d'être lentement et délibérément privatisé sous nos yeux".

"GUERRE ILLÉGALE"

Cinéaste engagé, Ken Loach voulait donner sa vision du conflit irakien, dans lequel il voit une "guerre illégale, un crime contre le peuple irakien".

"La guerre en Irak et tout ce qu'elle recouvrait était un sujet que je voulais traiter depuis longtemps", a-t-il dit à la presse vendredi, au lendemain de la projection officielle de son film, qui doit sortir en France au second semestre 2010.

"La question n'était pas 'Est-ce qu'il faut faire le film' mais 'comment faut-il le faire'", a-t-il ajouté.

Oeuvre de réflexion, "Route Irish est aussi un film d'action nourri de séquences brutales, même si Ken Loach sait rester pudique.

"Nous n'avons pas voulu faire de ce film un thriller. Il s'agissait simplement de raconter une histoire de la façon la plus sobre et la plus claire qui soit, en tenant compte de la complexité de la situation", a expliqué le cinéaste.

Ken Loach, qui remporta la Palme d'or en 2006 avec "Le vent se lève", est un habitué de Cannes, où une grande partie de ses films a été montrée.

L'an passé, "Looking for Eric", avec l'ancien footballeur français Eric Cantona, témoignait de l'attachement du cinéaste au club de Manchester United.

Comédie charmante, elle est à mille lieues des films militants qui ont fait la réputation du réalisateur de "My name is Joe", "Riff-Raff et "Land and freedom", dont le début de la carrière cinématographique remonte à la fin des années 1960.

Wilfrid Exbrayat, édité par Yves Clarisse