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Cannes: "Copie conforme", un homme et une femme en Toscane

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CANNES - L'Iranien Abbas Kiarostami, lauréat de la Palme d'or en 1997, revient à Cannes avec "Copie conforme", qui réunit en Toscane un Anglais...

CANNES (Reuters) - L'Iranien Abbas Kiarostami, lauréat de la Palme d'or en 1997, revient à Cannes avec "Copie conforme", qui réunit en Toscane un Anglais et une Française interprétée par Juliette Binoche.

Au c?ur d'un festival marqué par l'absence du réalisateur iranien Jafar Panahi, convié à participer au jury mais emprisonné en Iran, le cinéaste a consacré une large partie de la conférence de presse de son film au sort de son compatriote.

"Copie conforme" est l'étrange histoire d'une rencontre entre une galeriste française et un conférencier anglais, interprété par William Shimmell, auteur d'un livre dont le titre est celui du film.

Chemin faisant, dans les ruelles d'une petite ville de Toscane, les deux protagonistes s'arrêtent dans un café.

La tenancière croit à tort qu'ils sont mari et femme et c'est à ce moment que va s'opérer une brusque transmutation par laquelle les deux personnages vont se comporter comme s'ils étaient réellement mariés.

"Je n'avais pas du tout l'intention de m'adonner à une réflexion sur la question de la copie et de l'original. Je cherchais un prétexte pour que cet homme et cette femme se rencontrent", a expliqué à la presse Abbas Kiarostami, dont l'ample filmographie remonte à 1970.

"Je me suis penché ensuite de façon plus approfondie sur ce questionnement", a-t-il ajouté.

L'ITALIE, "MUSÉE À CIEL OUVERT"

Pour Abbas Kiarostami, qui reçut la Palme d'Or il y a 13 ans pour "Le goût de la cerise", il était primordial que l'histoire se déroule en Toscane, en Italie, car ce pays est un "musée à ciel ouvert", comme le dit l'un de ses personnages.

"Cette histoire ne peut exister qu'en Italie, l'Italie est un personnage à part entière et est au c?ur de ce scénario", a expliqué le cinéaste.

"Est-ce que ce film aurait été impossible ailleurs? Je suppose que non. Il aurait été moins bon", a-t-il souligné.

Abbas Kiarostami a reconnu qu'il y avait un lien entre lui-même et ses personnages dans toutes ses ?uvres.

"Mon cinéma ne découle pas de la littérature mais de la vie, du réel. C'est toujours à partir d'expériences personnelles que je construis mes personnages quels qu'ils soient", a-t-il dit.

Abbas Kiarostami a longuement évoqué la situation de son compatriote Jafar Panahi dont l'emprisonnement l'a "profondément attristé".

"Je crois que ce que l'on peut dire de façon certaine, c'est que le fait qu'un cinéaste soit emprisonné est en soi quelque chose d'intolérable", a-t-il souligné.

Rappelant qu'il avait réagi dès le mois de mars à l'incarcération du réalisateur du "Ballon blanc" par le biais d'une lettre ouverte publiée par le New York Times, Abbas Kiarostami a dit compter sur la mobilisation internationale pour qu'au moins les autorités iraniennes s'expliquent.

"Si le gouvernement iranien, encore aujourd'hui, ne souhaite pas libérer Jafar Panahi, souhaite le garder dans ses geôles, il est au moins redevable d'une explication", a dit le réalisateur d'"Au travers des oliviers".

Wilfrid Exbrayat, édité par Elizabeth Pineau