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Alejandro Inarritu met Javier Bardem en valeur dans "Biutiful"

Le réalisateur mexicain Alejandro Gonzalez Inarritu (à gauche) présente en compétition à Cannes son film "Biutiful", avec Javier Bardem. La palme d'or sera remise dimanche à l'un des 19 films en lice. /Photo prise le 17 mai 2010/REUTERS/Yves Herman

Le réalisateur mexicain Alejandro Gonzalez Inarritu (à gauche) présente en compétition à Cannes son film "Biutiful", avec Javier Bardem. La palme d'or sera remise dimanche à l'un des 19 films en lice. /Photo prise le 17 mai 2010/REUTERS/Yves Herman - -

CANNES - L'acteur espagnol Javier Bardem campe de superbe manière un homme à l'orée de la mort dans "Biutiful", long métrage du cinéaste mexicain...

CANNES (Reuters) - L'acteur espagnol Javier Bardem campe de superbe manière un homme à l'orée de la mort dans "Biutiful", long métrage du cinéaste mexicain Alejandro Gonzalez Inarritu en lice pour la Palme d'or du 63e Festival de Cannes.

Le réalisateur a planté sa caméra à Barcelone, pour suivre Uxbal, un être à la dérive qui vit d'expédients, trouvant du travail au noir à des émigrés chinois ou africains tout en soudoyant la police locale.

Mais c'est un bon père, qui a obtenu la garde de ses enfants, et lorsqu'un examen médical lui apprend qu'il n'en a plus que pour quelques mois, il décide de mettre de l'ordre dans ses affaires.

"Biutiful" repose presque totalement sur les épaules de l'acteur espagnol Javier Bardem, déjà venu à Cannes notamment pour "No Country for Old Men", des frères Joel et Ethan Coen.

Son personnage a d'étranges visions de l'au-delà, qui apportent une touche fantastique à "Biutiful", titre tiré d'une des répliques où sa fille lui demande comment s'écrit ce mot.

Pour, Javier Bardem, Gonzalez Inarritu est "l'un des plus grands réalisateurs de tous les temps".

"Avec un réalisateur comme lui, un acteur est toujours protégé et il peut peaufiner des aspects extrêmement subtils et délicats du travail d'acteur", a déclaré l'acteur à la presse. "Je savais que la personne qui était derrière la caméra en savait beaucoup sur ce que nous, acteurs, devons traverser".

SOMBRE ET OPTIMISTE

"Biutiful" tranche avec "Babel", le précédent long métrage d'Inarritu, Prix de la Mise en scène à Cannes en 2006.

L'action se situe dans un lieu unique, alors que celle de "Babel" entraînait le spectateur aux quatre coins du monde. Le mélange des peuples est toutefois une composante commune aux deux films d'Inarritu, "citoyen du monde" du cinéma.

"Avoir fait le tour du monde pour Babel m'avait tellement fatigué que je m'étais promis que mon prochain projet serait moins complexe, avec un seul lieu et un seul personnage central", a expliqué le cinéaste aux journalistes.

"Pour 'Biutiful', j'ai donc voulu présenter quelque chose de plus linéaire, de plus rigoureux en explorant d'autres méthodes narratives".

L'histoire et le contexte de "Biutiful" sont sombres, à l'image de la galaxie de personnages qui s'y déploie. Mais pour Inarritu, le film recèle aussi "beaucoup de lueurs d'espoir".

"C'est même mon film le plus optimiste et de loin", a dit le cinéaste mexicain, qui a dénoncé un certain cinéma de masse, impuissant selon lui à retranscrire la réalité.

"Nous nous sommes tellement éloignés les uns des autres que lorsque quelqu'un présente quelque chose de simplement humain, la réaction est de dire - 'Oh, c'est déprimant' - parce qu'on n'est même plus capable de se reconnaître soi-même".

Wilfrid Exbrayat, édité par Yves Clarisse