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Réalité virtuelle, l'automobile prête à enfiler son casque

Une expérience Nissan GT-R lors du dernier festival de Goodwood

Une expérience Nissan GT-R lors du dernier festival de Goodwood - Twitter

Avec la sortie des premiers casques de réalité virtuelle cette année, le grand public a désormais accès à une technologie longtemps présentée comme futuriste ou réservée aux professionnels. Déjà utilisée dans la conception automobile, la réalité virtuelle s’ouvre ainsi à de nouveaux usages pour découvrir des véhicules en concession… ou directement depuis chez soi.

Ils s’appellent Oculus Rift, HTC Vive ou encore Playstation VR. Ce sont les principaux casques de réalité virtuelle commercialisés cette année et qui feront certainement fureur au pied du sapin. En attendant, petit tour d’horizon des différents usages de cette technologie côté automobile.

La réalité virtuelle réservée jusqu'à présent aux ingénieurs automobiles

Les constructeurs recourent depuis longtemps à la réalité virtuelle pour concevoir leurs véhicules. C’est notamment le cas de Renault, qui dispose de son propre "CAVE" (à prononcer à l’anglaise en tant qu’acronyme de "Cave Automatic Virtual Environment"). Il a été installé en 2013 au Technocentre de Guyancourt (Yvelines). Contrairement aux casques grand public, le testeur dispose de lunettes avec des capteurs permettant de repérer les mouvements de tête et de faire évoluer l’image projetée sur les murs en conséquence. Cette simulation permet aux concepteurs d’un véhicule de peaufiner le rendu extérieur ou d’améliorer l’ergonomie de l'habitacle sans passer par un prototype long et coûteux à produire.

La Cave du Technocentre de Renault
La Cave du Technocentre de Renault © Renault

Moins coûteux que la construction d’un CAVE, les casques grand public intéressent également les industriels. BMW a ainsi signé un partenariat avec HTC pour équiper ses ingénieurs et designers de son casque, le Vive.

BMW mise sur le HTC Vive
BMW mise sur le HTC Vive © BMW

Désormais, la réalité virtuelle enrichit l'expérience client...

Avant la commercialisation au grand public, certains casques étaient déjà disponibles pour les professionnels. De quoi voir les premiers usages par les marques automobiles, notamment lors du dernier Mondial de l’Auto en 2014. Peugeot, Lexus ou encore Seat proposaient ainsi différentes expériences permettant de s’initier à cette technologie. Lors du prochain Mondial qui démarrera ce 29 septembre, de nombreux stands ont prévu de miser sur la réalité virtuelle pour faire découvrir leurs nouveautés.

Lors du dernier festival de Goodwood, Nissan avait par exemple proposé de revivre une course en GT-R en associant casques de réalité virtuelle et des sièges permettant de reproduire les conditions d’une conduite mouvementée.

... les manuels d’utilisateurs

C’est la notice d’utilisation du futur… et elle est déjà disponible chez Toyota. La marque japonaise vient en effet de lancer son guide interactif recourant à la réalité augmentée et virtuelle. En passant son smartphone devant les différents éléments du tableau de bord, l’utilisateur peut ainsi bénéficier d’aides et conseils sur les fonctions de chaque bouton.

Des jeux de course beaucoup plus réalistes

Le secteur du jeu vidéo mise beaucoup sur la réalité virtuelle. C’est notamment le cas des jeux de course automobile. Sur PS4, le jeu Drive Club devrait être ainsi un des premiers titres compatibles avec le casque Playstation VR. Ci-dessous, une démonstration de ce que pourrait donner vos futurs en courses en réalité virtuelle:

Bientôt, le casque de réalité virtuelle pourrait remplacer le concessionnaire

Avec la multiplication des options de personnalisations, offrant désormais des millions de combinaisons possibles pour un même véhicule, les constructeurs voient d’un bon œil les possibilités offertes par la réalité virtuelle. Au dernier salon de Genève, DS proposait ainsi un "Virtual Garage" conçu en partenariat avec Dassault Systèmes. Chez Audi, ces essais virtuels en concession sont déjà une réalité. Son dernier concept store Audi City ouvert à Paris en juin dernier exploite ainsi cette possibilité pour faire découvrir ses modèles. Et pour conserver le plaisir du toucher, des jeux de cuirs et de tissus permettent de garder le contact avec le réel.

Des entreprises comme Izmocars, Vroom ou Lumiscaphe se sont spécialisées dans ce domaine. Elles proposent aux grandes marques des solutions complètes, du scan du véhicule à son intégration dans un support pour des démonstrations clients. "Aujourd’hui on peut tout imaginer, de la simple visite virtuelle à la simulation d’essai roulant qu’un constructeur pourrait proposer à des clients intéressés, mais aussi à disposition dans ses salles d’attente pendant l’entretien de son véhicule par exemple", explique David Descottes, directeur commercial d’Izmocars France. Pour lui, les marques tardent toutefois encore à se lancer dans ce qui demande un investissement important mais stratégique pour leur avenir. Après les configurateurs en ligne, la prochaine étape pour le consommateur sera donc certainement d'essayer directement son véhicule depuis son canapé!

Julien Bonnet