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Trottinettes électriques, le succès du modèle suédois

Alors que Paris vient de lancer un appel d’offre pour sélectionner trois opérateurs de trottinettes électriques pour tenter de réguler la circulation et le stationnement, nous nous sommes rendus à Stockholm. Dans la capitale suédoise, ces nouvelles mobilités électriques semblent bien gérées et mieux acceptées.

Dans les rues de Stockholm, les trottinettes électriques se fondent dans le paysage. Très peu d’engins garés au milieu du trottoir ou jetés à terre, ils sont plutôt alignés en rang d’oignon dans des espaces dédiés. Comme les vélos, les trottinettes circulent en majorité sur les 60 kilomètres de pistes cyclables que compte la ville, à une vitesse de 20 km/h maximum.

La plupart des usagers respectent les piétons et n’entravent pas la circulation des voitures. Une situation due au respect des règles, caractéristique des pays Nordiques? Pas seulement.

Des trottinettes VOI garées à Stockholm
Des trottinettes VOI garées à Stockholm © Chloé Baïze
"Lorsque ces engins électriques ont débarqué à Stockholm, en septembre 2018, nous avons tout de suite cherché à réguler leur circulation, explique Daniel Helden, le maire adjoint écologiste de la ville. Elles n’ont pas de statut légal spécifique, elles sont considérées comme engin roulant comme un vélo et aussi non-roulant comme les piétons".

Des zones de stationnement, une vitesse limitée

La municipalité a imposé aux opérateurs de trottinettes électriques de signer une lettre d’intention, qui contient des règles comme l’instauration de zones où il est interdit de se garer, une vitesse limitée à 6 km/h dans certains lieux comme la vieille ville bardée de pavés, et l’obligation de retirer tout véhicule mal placé dans les deux heures.

"Si nous n’avions pas fait signer cette lettre, ça aurait été l’anarchie", conclut le maire adjoint.
Une trottinette sur une piste cyclable
Une trottinette sur une piste cyclable © Chloé Baïze

Contrairement à Paris ou Marseille, la capitale suédoise ne limite pas le nombre d’opérateurs. Parmi les 8500 trottinettes que comprend Stockholm, l’entreprise suédoise VOI en opère entre 2000 et 3000. C’est l'un des plus gros acteurs de la ville, présent toute l’année dans les rues, alors qu'en hiver, certains disparaissent de la circulation.

"On a fait un réel effort de pédagogie envers nos utilisateurs, mais aussi ceux qui ne se servent pas de notre service, pour comprendre comment rouler en harmonie", se targe le PDG, Fredrik Hjelm.

Déjà présent dans une quarantaine de villes en Europe, VOI est candidat à l'appel d'offre de la mairie de Paris, et propose d'y appliquer son "modèle suédois": les zones où il est interdit de se garer sont déjà en place, comme autour du canal Saint-Martin dans lequel des bolides sont régulièrement jetés à l'eau. 

Même si "le vandalisme est plus présent à Paris qu'à Stockholm", affirme Mario Vicente, responsable des réparations chez VOI, certaines stratégies développées par l'entreprise ont fait leur preuves en Suède et permettent de limiter les incivilités. En matière de micro-mobilité, Paris pourrait donc décider de se rapprocher du modèle suédois et rendre ce mode de déplacement compatible avec la ville.

à Stockholm, Chloé Baïze