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Stationnement payant, vignettes Crit'Air... le trafic automobile en baisse à Paris

Le trafic automobile a baissé de 6,5% sur les 5 premiers mois de l'année, avec un recul encore plus marqué aux heures de pointe.

Anne Hidalgo serait-elle en train de gagner son pari concernant "l'évaporation du trafic" dans la capitale? La maire de Paris s'est en tout cas félicitée ce week-end de la "baisse record" du nombre de véhicules circulant dans la zone intra-muros (hors périphérique).

Sur les 5 premiers mois de l'année, le trafic y serait en recul de 6,5%, en comparaison avec la même période l'an dernier, souligne un article du Journal du Dimanche, citant les chiffes de la Direction de la voirie et des déplacements (DVD). "Il ne s'agit pas ici de temps de parcours ou de statistiques d'encombrement, mais simplement du débit de circulation, c'est-à-dire du nombre de véhicules roulant dans la capitale, quelle que soit leur vitesse", précise l'hebdomadaire.

C'est en février 2018 que la baisse la plus importante a été enregistrée, avec 705 véhicules par heure et pas kilomètre, contre 796 véhicules/h/km en février 2017, soit une baisse de 11,4%. 

Baisse marquée aux heures de pointe

Aux heures de pointe, le trafic a davantage diminué que les -6,5% enregistrés en moyenne sur les 5 premiers mois de l'année: le JDD note ainsi une baisse de 8,2% le matin et de 6,7% le soir (de janvier à avril).

Selon les points de passage, les variations sont aussi appréciables: boulevard Saint-Germain (-9,2% entre 7 heures et 21 heures) et rue de Rivoli, en face du BHV (-17,9%). Seule exception, la forte hausse de la circulation enregistrée du boulevard Malesherbes à la porte d'Asnières (+11,9%) qui s'explique par les travaux du tramway T3. 

La mairie de Paris se félicite à cette occasion de recueillir les premiers fruits de sa politique anti-voiture, avec la réforme du stationnement payant et la surveillance confiée aux sociétés privées Streeteo et Moovia. On note en effet une accélération d'une tendance, avec une baisse régulière du trafic depuis près de 20 ans, -3% en moyenne de 2003 à 2013 et -4% de 2014 à 2016.

La qualité de l'air reste un point noir en Ile-de-France

Si le trafic diminue, l'impact sur la qualité de l'air n'est pas encore vraiment appréciable. A l'échelle de la région Ile-de-France, la circulation s'était d'ailleurs plutôt dégradée l'an dernier, indiquait récemment une étude MediaMobile V-Traffic.

Fin mai, Greenpeace plaçait Paris à la septième place d'un classement évaluant la qualité de l'air dans 13 métropoles européennes. Interrogé par le JDD, Christophe Nadjovski, maire adjoint (EELV) chargé de la voirie et des déplacements, souligne que Paris ne représente que 1% du territoire francilien et se dit ainsi favorable à l'extension de la zone à faible émission à l'ensemble de la petite couronne, proposée par la métropole du Grand Paris. Actuellement, le dispositif Crit'Air n'y est activé que lors des pics de pollution, avec des restrictions concernant selon les cas différents numéros de vignettes.

Depuis début 2017, la "circulation différenciée" a ainsi remplacé la "circulation alternée" (selon le numéro de plaque paire ou impaire) afin de pouvoir mieux exclure de la circulation les véhicules les plus anciens et polluants.

Julien Bonnet