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"Renaulution", le plan qui ne met plus la voiture au centre de la stratégie de Renault

Luca de Meo veut transformer l'organisation de Renault "pour passer d'une politique de volume à une politique de la valeur"

Luca de Meo veut transformer l'organisation de Renault "pour passer d'une politique de volume à une politique de la valeur" - AFP

Selon un document interne, le nouveau directeur général de Renault annonce que le groupe pourrait réaliser d'ici 5 ans près d'un tiers de son activité en dehors du secteur automobile traditionnel.

Vendre beaucoup de voitures, c'est bien, mais être un groupe rentable c'est mieux. C'est l'esprit d'un document interne de Renault consulté par Reuters qui définit la stratégie du groupe pour revenir à l'équilibre.

Pour Luca de Meo, nouveau directeur général de Renault, c'est une "Renaulution". En effet, elle consistera à s'inspirer de la voie prise par son meilleure concurrent, PSA dans son plan "Push to pass".

Le plan, présentée lundi aux principaux responsables syndicaux du constructeur et mardi à l'ensemble des salariés du groupe, sera annoncé jeudi au au gouvernement. L'Etat est le principal actionnaire de Renault avec 15,01% du capital.

"PSA était quasiment en faillite il y a cinq ans. Cependant, l'entreprise est aujourd'hui une référence dans le secteur et en matière de rentabilité. Dans les cinq ans à venir, nous allons faire ce que PSA a fait ces cinq dernières années", estime le dirigeant.

Des ambitions dans les nouvelles mobilités

Selon Reuters, le groupe au losange va redessiner son avenir pour se redresser dans les cinq prochaines années sans exclure plus de réduction de coûts que prévu. Il pourrait devoir aller plus loin que l'objectif drastique de plus de deux milliards d'euros d'économies sur trois ans annoncé avant l'été.

"Nous sommes dans une situation difficile, mais la bonne nouvelle, c'est que notre industrie donne toujours une chance à ceux qui font ce qu'il faut, et parfois même, plus vite que prévu", a dit Luca de Meo, cité dans ce document. Un porte-parole de Renault a confirmé que Luca de Meo "est en train de transformer l'organisation pour passer d'une politique de volume à une politique de la valeur".

Luca de Meo estime que le groupe pourrait réaliser, au-delà de 2026, entre 20% et 30% de son activité dans des domaines n'ayant rien à voir avec le secteur automobile traditionnel. Un indice sur les objectif de Renault dans le secteur des nouvelles mobilités.

L'ancien patron de Seat a déjà annoncé la mise en place début 2021 d'une nouvelle organisation en quatre divisions: Renault, Dacia, Alpine et une marque dédiée aux nouvelles mobilités. Selon Reuters, cette division pourrait s'appeler Mobilize, du nom du proramme d'économies sociale et solidaire lancé via la direction de la Responsabilité sociale de l’entreprise (RSE).

L'Alliance indissociable

Ebranlé depuis 2018 par la disgrâce de son mentor Carlos Ghosn et par une dégradation de sa rentabilité, Renault a accusé une perte nette record de plus de sept milliards d'euros au premier semestre.

"En 2020, la crise de la Covid va évidemment impacter fortement nos résultats. Nos projections de trésorerie sont alarmantes", a ajouté Luca de Meo.

Les syndicats, consultés sur le plan d'économie qui prévoit la fermeture du site de Choisy et la fin de l'assemblage de véhicules à Flins, ont demandé une expertise pour pouvoir se prononcer sur le projet le 29 septembre prochain.

Selon Reuters, l'objectif du nouveau directeur général est de ramener Renault "en finale de la Ligue des champions" en sept ou huit ans ce qui ne se fera pas sans l'alliance avec Nissan et Mitsubishi.

"Si nous séparons les trois membres de l'Alliance, nous nous donnons directement rendez-vous en 2e division du championnat automobile", a-t-il ajouté dans le document. "Je suis donc déterminé à tout faire pour sa réussite."
https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco