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Pourquoi la puissance des voitures a doublé en 40 ans

La BMW M4 CS reprend le 6-cylindres en ligne 3 litres de cylindrée et doté de deux turbos de la M4, avec une puissance de 431 chevaux. Au milieu des années 1960, les premiers modèles CS oscillaient entre 100 et 120 chevaux.

La BMW M4 CS reprend le 6-cylindres en ligne 3 litres de cylindrée et doté de deux turbos de la M4, avec une puissance de 431 chevaux. Au milieu des années 1960, les premiers modèles CS oscillaient entre 100 et 120 chevaux. - BMW

En quarante ans, la puissance moyenne des voitures neuves a été multipliée par deux, pour embarquer toujours plus d’équipements, mais aussi offrir plus de plaisir de conduite.

Flashback en 1977. Alpine commercialise l’A110 1600 SX équipée d’un moteur 4 cylindres 1,6 litre d’une puissance de 95 chevaux. Quarante ans plus tard, en mars 2017, Renault dévoile la version moderne de l’A110

L’Alpine est toujours équipée d’un 4 cylindres, mais la motorisation affiche désormais une cylindrée de 1,8 litre pour 252 chevaux. En quatre décennies, la puissance de la berlinette bleue a doublé. Et cette réalité ne s’applique pas qu’à l’Alpine.

De 58 à 117 chevaux

En moyenne, quelles soient citadines ou grandes routières, les voitures ont multiplié par deux leur puissance en l'espace de quatre décennies. Bloomberg a ainsi étudié la puissance moyenne aux Etats-Unis en 1976 et en 2016. Elle est passée de 145 à 283 chevaux. L’année dernière, 16 nouveaux modèles sortis outre-Atlantique dépassaient allègrement les 600 chevaux.

Le phénomène est le même en France. En 1971, la voiture de Monsieur tout le monde affichait en moyenne 58 chevaux. En 2011, elle était passée à 106. Selon le spécialiste de la donnée AAA Data, entre 2001 et 2016, chaque voiture neuve a en moyenne gagné 20 chevaux, passant de 96 chevaux en 2001 à 117 en 2016.

Plus d'équipements dans chaque voiture

Première raison de cette augmentation: le gabarit des voitures, mais surtout leur équipement. "Depuis les années 60, la taille, et donc le poids des voitures, a constamment augmenté, rappelle Nicolas Meilhan, expert en énergie et transport chez Frost&Sullivan. Il faut surtout prendre en compte l’effet masse, et regarder le rapport entre le poids et la puissance".

L’inflation d’équipement de confort, comme les systèmes de climatisation, mais aussi de sécurité, entraîne une augmentation du poids. Et demande donc plus de puissance pour pouvoir déplacer le véhicule. Ainsi, notre Alpine de 2017 mesure 33 centimètres de plus que son aïeule. Grâce à des systèmes d'injection ou des turbo, même les petits modèles ont pu gagner en puissance pour accueillir plus d'équipements.

Plus de sportivité aussi (au moins sur le papier)

Et avec plus de puissance, les performances des voitures se sont logiquement améliorées. "L’automobile reste un objet de plaisir, avec un imaginaire fort. Les clients demandent plus de la reprise", ajoute Nicolas Meilhan. A chaque nouveau modèle, notamment premium, il est de bon ton d’annoncer une puissance supérieure. 

Cependant, elle ne vaut que sur le papier. La vraie valeur à regarder en matière d’accélération reste le couple (la force exercée pour déplacer la voiture, donc sa capacité d’accélération). Spécialiste en voiture de sport, Porsche maîtrise parfaitement cette notion, par exemple sur la 911 Turbo. La sportive revendique en 2017 un couple de 710Nm, contre 412 en 1977. En quatre décennies, sa puissance a elle progressé de 220 chevaux.

Pauline Ducamp