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Pénurie de semi-conducteurs: le marché automobile français toujours à la peine en novembre

Les immatriculations de voitures neuves ont baissé de plus de 3% en novembre sur un an en France, et de près de 30% par rapport à 2019. Le secteur pâtit toujours du manque de composants électroniques.

Le marché automobile français toujours embourbé dans la crise des semi-conducteurs. En novembre, le secteur a enregistré 121.995 immatriculations de voitures particulières neuves. Un chiffre en baisse de 3,21% par rapport à la même période en 2020 et de 29,37% par rapport à novembre 2019.

Avec 1,5 million d'immatriculations sur les onze premiers mois de 2021, le marché automobile tricolore est en hausse de seulement 2,53% par rapport à 2020, année marquée par la pandémie de Covid-19, et en baisse de 25,07% par rapport à 2019.

Ces données traduisent la difficulté persistante des constructeurs à se fournir en composants électroniques: "On est dans un schéma qui se reproduit en Europe. On voit très bien que l'automobile va avoir deux années de crise consécutives, ce qu'on n'a jamais eu", déplore sur BFM Business François Roudier, porte-parole de la plateforme française de l’automobile (PFA). "Il y a une demande phénoménale sur le neuf et l'occasion mais on ne peut pas livrer", ajoute-t-il.

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La pénurie de semi-conducteurs allonge en effet les délais de livraison: "On est entre trois mois, voire neuf mois pour certains véhicules. C'est assez incroyable", poursuit François Roudier. Une situation qui contraint les fabricants à sélectionner les véhicules qu'ils fabriquent et ceux qu'ils ne fabriquent plus:

"Il y a un travail des directions de commerce et industrielles assez énorme pour placer les composants électroniques qu'on va avoir (...) dans les véhicules à forte marge: les véhicules électrifiés. Et tout cela se fait au détriment des véhicules d'entrée de gamme. Or, l'entrée de gamme, c'est ce qui fait le volume", détaille encore le porte-parole de la PFA.

Et la situation ne devrait pas s'arranger de sitôt. D'autant qu'une nouvelle menace pointe inquiète le secteur: "La mauvaise nouvelle qui arrive, c'est ce variant Omicron", souligne François Roudier qui craint que l'émergence de cette souche ne freine à nouveau la demande dans les mois qui viennent.

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco