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Paris: Cityscoot souhaite expérimenter la circulation dans les couloirs de bus

Selon les résultats d'une étude commandée par Cityscoot, ouvrir les voies de bus aux deux-roues motorisés électriques ne gênerait pas de façon significative la circulation des bus dans la capitale.

L'opérateur Cityscoot, responsable du déploiement de scooters électriques dans la capitale, aimerait voir ses deux-roues circuler dans les couloirs réservés aux bus. Ce lundi, l'entreprise révèle les résultats d'une étude commandée au bureau de recherche indépendant 6t. Cette étude vise à mesurer l'impact que la circulation dans les voies de bus de ces engins aurait sur le trafic. La conclusion est qu'ouvrir les couloirs de bus aux deux-roues motorisés électriques ne gênerait pas de façon significative la circulation des bus dans la capitale. 

Selon l'étude, qui s'appuie sur une analyse des trajets des scooters Cityscoot, 35,5% des voies de bus seraient saturées en semaine en autorisant les deux-roues électriques, contre 34,6% actuellement. En revanche, la saturation grimperait à 51,3% en acceptant toute sorte de deux-roues, thermiques comme électriques.

D'après l'enquête, le samedi, le taux de saturation ne progresserait pas en autorisant les Cityscoot et autres deux-roues électriques. Il n'augmenterait par ailleurs que de 0,2% le dimanche dans cette même hypothèse.

Une expérimentation au printemps?

Pour Bertrand Fleurose, président-fondateur de Cityscoot, privilégier le développement des scooters électriques permettrait non seulement de "diminuer la pollution atmosphérique" mais aussi de "limiter le bruit à Paris". 

"C'est surtout pour inciter les gens à basculer d'un scooter thermique à un scooter électrique. Le but c'est de désengorger pour arriver au but ultime qui est d'améliorer la qualité de l'air et la santé publique", a-t-il déclaré à BFM Paris.

Fort des résultats de l'étude, Bertrand Fleurose appelle à une expérimentation dès le printemps prochain.

"Cela donne aux candidats aux élections municipales tous les outils permettant de lancer une expérimentation dès le printemps, moment de l’année où les Parisiens sont les plus enclins à utiliser un deux-roues", affirme-t-il.

L'opérateur propose de lancer cette expérimentation sur plusieurs axes "fortement utilisés par les deux-roues et modérément par les bus", notamment les grands boulevards, les quais de Seine, la rue des Pyrénées ou encore le boulevard Montparnasse.

"Un recul majeur pour le vélo"

Si les utilisateurs de Cityscoot sont évidemment favorables à l'ouverture des voies de bus aux scooters électriques, cette possible expérimentation inquiète, notamment chez les cyclistes. Eux aussi circulent dans ces couloirs. "Il faudrait que les scooters fassent attention aux vélos, explique une cycliste au micro de BFM Paris. Ils sont électriques, on ne les entend pas très bien."

L'association de cyclistes Paris en Selle s'oppose elle catégoriquement à cette proposition.

"C'est renforcer l'insécurité des cyclistes et augmenter le nombre d'accidents. La proposition est 'soumise aux candidats à la mairie'. Nous dénoncerons vigoureusement celles ou ceux qui approuveront, car ce serait un recul majeur pour le vélo sur des grands axes où aucune autre infrastructure n'existe pour les cyclistes", tweete l'association.

Une ouverture à tous les deux-roues?

Les associations d'automobilistes se disent quant à elles favorables à la mesure, mais à condition qu'elle concerne tous les deux-roues motorisés.

"Proposer à une société de l'espace public gratuitement pour augmenter son chiffre d'affaires, il n'en est pas question, a déclaré Yves Carra, porte-parole de l'Automobile Club. Maintenant, qu'on propose l'ouverture des voies de bus à tous les deux-roues motorisés, pourquoi pas."

Mais une ouverture au sens large signifierait, selon l'étude de 6t, une augmentation significative des taux d'engorgement des couloirs de bus en semaine (+16%). Elle serait cependant plus légère le samedi (+12%) et le dimanche (+5%).

Cyrielle Cabot et Juliette Mitoyen