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L’Allemagne compte depuis cette semaine un nouveau constructeur

Le petit-fils du fondateur de cette ancienne gloire de l’automobile allemande relance cette semaine la marque familiale. Avec en soutien, des capitaux chinois.

L’Allemagne compte depuis cette semaine un nouveau constructeur. A côté d’Audi, BMW, Mercedes, Opel, Porsche et Volkswagen, voici maintenant Borgward. Borgward, c’est un peu le Talbot ou le Facel Vega allemand, une marque des années 50/60 prestigieuse, mais qui comme les deux marques françaises, a périclité. Ce lundi, la marque allemande disparue a lancé la commercialisation en Allemagne de son premier modèle version années 2010.

Un SUV comme premier modèle

Baptisé BX7, il s’agit d’un grand SUV concurrent des BMW X5, Porsche Cayenne ou DS7 Crossback. Commercialisé à partir de 44.200 euros outre-Rhin, ce modèle reprend tous les canons du grand SUV agressif, mélange de X3 et d’Alfa Romeo Stelvio côté look.

La série spéciale de lancement se nomme "TS Limited Edition", et embarque tous les indispensables du genre: une sellerie cuir, feux de jour à LED, caméra à 360 degrés avec écran 12,3 pouces ou encore volant sport en cuir multifonction, comme des aides à la conduite. Sous le capot cependant, un simple moteur quatre cylindres 2 litres de 224 chevaux. Les performances sont plus proches d’un DS7 Crossback que d’un modèle BMW: seulement 9,4 secondes de 0 à 100km/h.

Une vente 100% en ligne

Borgward a également lancé son réseau d’entretien, en partenariat avec A.T.U, l’équivalent local des Midas et Norauto. La marque a en effet décidé de se passer de concession. Le SUV sera ainsi commercialisé en ligne, de quoi éviter les lourds investissements d’un réseau physique. "Nous comptons sur les ventes numériques", a déclaré Tom Anliker, directeur du marketing et des ventes dans la presse allemande.

Borgward organisera seulement des évènements dans les grandes villes allemandes, pour faire connaitre le BX7. La marque était aussi présente en 2017 au salon de Francfort, afin d’annoncer son retour. Et pour réussir ce come-back, le petit-fils du fondateur, Christian Borgward, a convoqué l’histoire et des capitaux chinois.

L’Isabella, le modèle phare… dans les années 1960

Si Borgward possède en effet officiellement son siège social à Stuttgart, patrie de Mercedes et Porsche, le constructeur fabrique en fait ses voitures en Chine, près de Pékin, sur un site à la capacité de production de 360.000 voitures. Elle appartient en effet au fabricant de camions Foton. Christian Borgward a donc beaucoup misé sur le story-telling pour convaincre la presse que Borgward est bien allemand.

La marque éponyme avait été fondée en 1920 par Carl Friedrich Wilhelm Borgward, un industriel qui travaillait déjà dans le secteur automobile. En réalité, le nom Borgward ne sera réellement donné à la société qu’en 1937, alors qu’auparavant elle regroupait de multiples petites entreprises.

Le vrai succès de Borgward porte en fait un nom espagnol, Isabella. Son lancement dans les années 50 en fait le plus grand succès de la marque. Vendu à 200.000 exemplaires, ce coupé permettra à la marque de se hisser à la fin des années 50 dans le top 3 des constructeurs germaniques. Elle sera d’ailleurs produite jusqu’en 1963, date de la faillite de Borgward. Carl F.W. Borgward semblait plus ingénieur que financier. Christian Borgward mise lui avant tout sur la rentabilité.

Pauline Ducamp