BFM Auto

Genève 2018: après la renaissance, Alpine prépare son avenir

Un an après avoir présenté sa série de lancement, ‘Première Edition’, Alpine poursuit son retour au salon automobile de Genève (Suisse) en tant que marque, avec une gamme, et une nouvelle version sportive. Mais il va falloir être patient.

Le salon automobile de Genève (Suisse) aura certainement toujours une place à part dans l’histoire de la marque Alpine. L’année dernière, le rendez-vous suisse symbolisait la renaissance de la marque avec l’arrivée de l’A110 Première Edition (lire ici notre essai). Cette année, c’est avec une gamme A110 complète qu’Alpine revient à Genève, sur un stand minimaliste, juste en face de la maison mère Renault. Ce premier anniversaire, c'est l’occasion toute trouvée de faire un bilan du retour de la berlinette.

Un succès d’image

Premier constat: lors de la première journée presse, le stand ne désemplit pas. Au volant (si l’on peut dire) des éditions de série ‘Pure’ et ‘Légende’ se succèdent d’éventuels acheteurs comme de prestigieux curieux. Comme le patron de Stratos, marque qui a relancé la mythique Lancia, Michael Stoschek, est venu avec plusieurs amis admirer la nouvelle A110. Si la conversation dérive vite vers l’A110 originale que possède l'homme d'affaires, une chose est certaine: l’aura Alpine est toujours là. Et l’incendie d’une A110 en décembre, alors que nos collègues de Top Gear UK l’essayaient n’a pas entaché l’image de la berlinette.

"C’est un petit problème de joint au niveau de l’alimentation en carburant", résume Michael van der Sande, le directeur général d’Alpine, sans manifester d'inquiétude particulière. La voiture faisait partie des modèles de pré-production et ce type d’incident se révèle fréquent. La voiture a été totalement détruite car sa carrosserie en aluminium a fondu très rapidement. Mais l’incident semble oublier. Alpine refuse de communiquer sur le nombre de commandes à début mars, en dehors des 1955 ‘Première Edition’ écoulées en seulement 5 jours. Les délais de vente laissent cependant espérer un succès (pour l’instant) au-delà des fans de la première heure.

Pas avant le second semestre au minimum

Si le premier client a en effet officiellement reçu son A110 tout début mars, les autres vont devoir se montrer patients. Les livraisons ne se multiplieront pas avant le second semestre, vues les capacités de production de l’usine de Dieppe (Seine-Maritime): 5.000 à 6.000 A110 par an. A Genève, Alpine confie même que pour une commande d’une version de série à date, il faudra attendre un an pour recevoir sa sportive.

Un gage de succès donc, mais aussi un challenge. Car Alpine va devoir faire patienter ses clients, ne pas effrayer les autres par des délais de livraison allongés et cultiver cet esprit communautaire affiché depuis le départ par Michael van der Sand.

La gamme développée par Alpine se veut très lisible: d’un côté, la version ‘Pure’ place le confort en option, de l’autre, la version ‘Légende’ ajoute plus de confort. Et un tarif sensiblement plus élevé: de 54.700 euros minimum, à 58.500 euros en prix de départ pour l’A110 ‘Légende’. Le moteur reste le bloc 4 cylindres 1,8 litre de 252 chevaux.

Et pour devenir la marque premium de Renault, la marque expose aussi à Genève (Suisse) une version GT4. Cette Alpine A110 ultra-sportive doit courir sur circuit face à d’autres marques, et pas seulement dans un championnat dédié comme la version Cup. "Il faut un environnement de luxe pour vendre du luxe, et réussir à offrir une expérience à la hauteur, soulignait dans Les Echos le 26 décembre Eric Kirstetter, chez Roland Berger. C'est un défi pour un constructeur généraliste". C’est exactement ce que cherche Alpine. En attendant le reste de la gamme. Un SUV est notamment prévu d’ici la fin de la décennie.

Cette nouvelle version de l'A110 respecte toutes les règles du championnat GT4.
Cette nouvelle version de l'A110 respecte toutes les règles du championnat GT4. © Top Gear - UK
dossier :

Genève 2018

Pauline Ducamp, avec Essia Lakhoua et Top Gear