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Les voitures de fonctions sont de moins en moins flashées et c'est grâce à la loi

Les conducteurs de voiture de fonction sont devenus plus attentifs.

Les conducteurs de voiture de fonction sont devenus plus attentifs. - unsplash - CC

Depuis que les entreprises sont tenues de donner le nom du conducteur qui s'est fait flasher, le nombre d'infractions commises avec un véhicule de fonction a reculé de 9,4%. Les patrons ayant fait comprendre à leurs salariés qu’ils seraient désormais tenus responsables de leurs actes, ils sont devenus plus respectueux du code de la route

Finie l'impunité pour les détenteurs d'une voiture de fonction. Depuis le 1er janvier 2017, les patrons doivent donner l'identité des conducteurs qui se sont fait flasher sur l'un des véhicules de leur flotte. Une disposition qui porte ses fruits: 3,2 millions de PV ont été adressés à des patrons de PME ou de grosses entreprises en 2017, un chiffre en recul de 9,4% par rapport à l'année précédente, révèle le Parisien.

Au mois de décembre, 83 % des représentants légaux des sociétés ont fourni à l’agence nationale de traitement des amendes le nom de leurs salariés flashés. L’année d’avant, ils n’étaient que 26 % à le faire. Il faut dire que les patrons qui ne dévoilent pas l'identité des conducteurs s'exposent à une amende de 3750 euros. "On n’imaginait pas obtenir de tels résultats en un an, reconnaît le délégué interministériel à la sécurité routière Emmanuel Barbe auprès du Parisien. Les entreprises ont bien fait comprendre à leurs salariés qu’ils seraient désormais tenus responsables de leurs actes, ce qui a poussé les conducteurs à être plus attentifs".

Certaines entreprises ont informé très en amont leurs salariés de ces changements. Axa France, à la tête d'une flotte de 1983 véhicules de fonction, n'a pas attendu que la loi soit votée pour lancer une campagne de sensibilisation sur la responsabilité au volant de ses salariés. Les résultats sont là: alors qu'il y a un an et demi, elle recevait 300 PV par mois, ce chiffre a presque été divisé par deux.

La route, première cause de mortalité au travail

Laurent Galle, patron d'une société de transport, a lui aussi vu le nombre de PV divisé par deux. Mais son activité pourrait pâtir de ce nouveau cadre législatif. "Quand un employé roule 50.000 km par an, la probabilité de perdre des points est beaucoup plus élevée et il ne faudrait pas qu’on se retrouve à terme avec des gens qui roulent sans permis de peur de perdre leur job", avance-t-il dans le quotidien.

S'il est normal que les conducteurs soient responsables de leurs actes au volant, les cadences imposées par certains employeurs peuvent pousser à certaines imprudences qui vont au-delà d'un simple retrait de points. Les accidents de la route représentent la première cause de mortalité au travail. 

C.C.