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Les ventes de voitures en Europe ont été divisées par deux en mai

Image d'illustration - Un salarié sur la ligne d'assemblage de la Renault Zoé à Flins (Yvelines).

Image d'illustration - Un salarié sur la ligne d'assemblage de la Renault Zoé à Flins (Yvelines). - Martin BUREAU / AFP

Si les ventes de voitures étaient toujours en baisse le mois dernier en Europe, la chute s’avère moins catastrophique qu’en avril, avec la réouverture des concessions tout au long du mois de mai dans plusieurs pays.

La baisse du marché automobile se poursuit en mai, mais la chute se fait un peu moins forte qu’au plus dur de la crise du coronavirus en avril. Le mois dernier, les immatriculations de voitures neuves ont chuté de 52,3% dans l’Union européenne, avec seulement 581.161 véhicules mis à la route contre plus de 1,2 million en mai 2019, selon des chiffres publiés ce mercredi par l'Association des Constructeurs Européens d'Automobiles (ACEA).

Reprise lente en France et en Allemagne, poursuite de la chute en Espagne

Avec la réouverture des concessions sur plusieurs grands marchés tout au long du mois de mai, dont la France et l’Allemagne, le marché est revenu au niveau de mars, au début des confinements dans les différents pays. Les immatriculations de voitures neuves avaient en effet chuté de 55,1% en mars dans l'Union européenne, puis de 76,3% en avril au plus fort du confinement.

Parmi les principaux marchés, l'Espagne a subi la plus forte chute (-72,7%), tandis que la France (-50,3%), l'Italie (-49,6%) et l'Allemagne (-49,5%) ont bénéficié d'un début de déconfinement. Sur les cinq premiers mois de l'année, la chute du marché européen provoquée par la fermeture des concessions automobiles au printemps atteint 41,5%.

Un net redressement est attendu en juin avec l'accélération du déconfinement, la remontée en cadence des usines automobiles et le retour des clients parfois attirés par des mécanismes de subventions à l'achat.

Les marques généralistes comme les premiums concernées

Tous les constructeurs généralistes subissent cette baisse des ventes. Le Groupe Volkswagen recule ainsi de 52,4%, PSA de 56,4%, Renault de 52,5%. Fiat recule de 55,4%.

Les marques premium subissent aussi ce recul, BMW voit ses immatriculations baisser de 52,8%, Audi de 46,2% ou Mercedes de 43,8%. Porsche limite les dégâts avec une baisse de 40% des immatriculations de voitures neuves.

Une seule marque passe entre les gouttes depuis le début de la crise sanitaire, c’est la griffe de luxe du groupe PSA, DS. Si ses ventes ont baissé de 39,3% en mai, sur les cinq premiers mois de l’année, la marque DS ne recule que de 6,8%, quand toutes les autres marques plongent de 95 à 50%.

A l’autre bout du spectre, deux marques souffrent plus que le marché: Alpine et Smart. Depuis janvier, leurs ventes ont plongé de plus de 80%. Smart par exemple n’a vendu que 4.365 voitures cette année, contre 38.568 sur les cinq premiers mois de 2019.

Une année 2020 plombée?

Malgré une reprise progressive des ventes, l’année 2020 s’annonce compliquée pour les constructeurs. Les ventes perdues entre mars et mai ne seront que très partiellement rattrapées sur le reste de l'année. Ainsi, Alix Partners prévoit des volumes en baisse de 32% en Europe sur l'ensemble de 2020.

"Alors que les marchés mondiaux étaient déjà déclinants et que le secteur automobile avait initié une transformation historique, abandonnant les moteurs à explosion pour des investissements massifs dans l'électrique, les effets de la crise Covid-19 posent à l'ensemble des acteurs de graves problèmes de revenus et de coûts", a constaté ce cabinet de consultants dans un rapport récent.
Pauline Ducamp avec AFP