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La Sécurité routière s’alarme d’une hausse des grands excès de vitesse pendant le confinement

Image d'illustration - Une cabine de contrôle automatique de la vitesse.

Image d'illustration - Une cabine de contrôle automatique de la vitesse. - -

Comme lors du premier confinement, les grands excès de vitesse ont augmenté, souligne la Sécurité routière. Le trafic a cependant lui moins diminué qu'au printemps.

Des routes moins chargées et des conducteurs qui accélèrent. Comme lors du premier confinement, les grands excès de vitesse, ceux qui dépassent de 50 km/h la vitesse maximale autorisée, semblent avoir bondi depuis la fin octobre, explique la Sécurité routière. Selon des chiffres dévoilés ce mardi par l’organisme à l'AFP, ces grands excès de vitesse ont augmenté de 50% depuis le début du confinement.

Plus largement, par rapport à la même période l’année dernière, les excès de vitesse ont augmenté, si l'on suit ces chiffres. Lors des semaines du 2 et du 9 novembre, les radars automatiques ont constaté une augmentation de 22% du nombre d'excès de vitesse supérieurs de 40 à 50 km/h à la vitesse maximale autorisée (VMA) par rapport aux mêmes semaines en 2019, précise la Sécurité routière à l’AFP.

En revanche, les plus petits excès de vitesse, ceux inférieurs de 20 km/h à la VMA ont diminué dans le même temps de 30%.

C'est inquiétant, mais malheureusement pas étonnant, a réagi auprès de l'AFP Marie Gautier-Melleray, la Déléguée interministérielle à la sécurité routière (DISR). On avait imputé, pendant le confinement, la hausse des très grands excès de vitesse à la tentation des gens d'accélérer devant une route très dégagée. Là, la circulation est moins dégagée".

Le trafic a moins baissé que lors du premier confinement

Le trafic a en effet moins diminué que lors du premier confinement. Selon des chiffres du Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema), cités par France Info, le trafic n’a baissé que de 21% en moyenne pour ce second confinement. Pendant les 55 jours du premier confinement, la baisse du trafic enregistrée par le Cerema était au contraire de 75%. Les professions qui ont maintenu leur activité lors de ce second confinement ont en effet en partie continué à se déplacer.

Certaines associations de prévention routière soulignent également que les salariés et professionnels à prendre leur véhicule au détriment des transports en commun sont certainement plus nombreux.

"13 % des dirigeants observent un recours accru de leurs salariés à leur véhicule personnel pour se rendre au travail. Un phénomène plus marqué dans le secteur des services (18 %)", peut-on ainsi lire dans la dernière étude MMA sur le risque routier professionnel.

Un relâchement et de mauvaises habitudes

Pour la Sécurité routière, ces excès de vitesse viennent d’un relâchement dans un monde de contraintes. "L'explication qui paraît la plus naturelle mais méritera d'être affinée, c'est que ces personnes, qui subissent de fortes contraintes liées au confinement, jugé pesant, aient envie dans d'autres domaines de s'affranchir des contraintes", a poursuivi Mme Gautier-Melleray, rappelant que "la vitesse était la première cause d'accidents mortels en France".

La déléguée à la Sécurité routière craint également que, comme au printemps, "les Français prennent de mauvaises habitudes et les gardent" une fois les restrictions levées et le trafic redevenu plus dense.

"Lors du déconfinement, les grands excès de vitesse avaient diminué très progressivement et on n'avait retrouvé un niveau proche de la normale qu'à la fin de l'été", a souligné Marie Gautier-Melleray.

Pauline Ducamp
https://twitter.com/PaulineDucamp Pauline Ducamp avec AFP Cheffe de service BFM Auto