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Hôtesses au Mondial 2016: "plantes vertes" ou "ambassadrices"?

Deux hôtesses sur le stand Maserati du Mondial de l'Automobile 2016.

Deux hôtesses sur le stand Maserati du Mondial de l'Automobile 2016. - Julien Bonnet / BFMTV.com

Si les jeunes femmes sont nombreuses sur les stands des constructeurs, elles ont surtout pour mission de renseigner les visiteurs du Mondial. Mais pour les féministes, la "sexualisation de la voiture" est encore très présente et dérangeante.

Il n’y a plus d’hôtesse sur les salons automobiles, c’est fini, clame tout le secteur. Pourtant, contrairement à d'autres salons comme celui de Pékin, où plus aucune jeune femme ne passe sa journée en mini short à sourire à côté d'une voiture, de nombreuses jeunes femmes sont encore présentes au Mondial de l’Automobile.

Question dérangeante

Preuve que la question dérange, ce jeudi 29 septembre au petit matin, à peine le salon ouvert aux journalistes, un directeur chez un constructeur français briefe ses équipes, hôtes comme hôtesses, avec énergie:

"Si des journalistes vous demandent comment vous avez été recrutés, ne répondez pas et renvoyez-les immédiatement vers le desk central!"

Depuis trois ans, si les filles sont toujours très jolies, elles sont beaucoup moins dénudées. Leurs conditions de travail sont aussi mieux prises en compte. Il n’est ainsi pas rare cette année de les voir en baskets, comme chez Opel, Citroën ou Peugeot, plus supportables que les talons de 10 centimètres quand elles sont debout toute la journée.

"L'hôtesse plante verte n'existe plus!"

"L'hôtesse plante verte n'existe plus!", assure Carole François, responsable clientèle showroom à l'agence Pénélope à l'AFP. Son agence a recruté près de 300 hôtesses pour le salon. Claire Charpentier, la responsable du stand Peugeot sur le Mondial, refuse également cette idée de plantes vertes.

"Ce sont des ambassadeurs de la marque. Si nous pouvions mettre un chef de produit à côté de chaque voiture, on le ferait, mais c’est impossible", explique Claire Charpentier. "Ces personnes sont formées pendant trois jours, pour renseigner les visiteurs. J’ai assisté aux 17 castings. Nous avons rencontré et formé toutes les personnes qui travaillent sur le stand".

Tous les hôtes et hôtesses ont en effet des tablettes, idem chez Renault ou Citroën. Chez Lexus, la parité est aussi respecté et les hôtesses sont en pantalon, tablette à la main, à prendre adresse et numéro de téléphone des futurs clients.

Citroën a engagé autant d'hôtes que d'hôtesses sur cette édition 2016 du Mondial de l'Automobile.
Citroën a engagé autant d'hôtes que d'hôtesses sur cette édition 2016 du Mondial de l'Automobile. © Julien Bonnet / BFMTV.com

"L'hôtesse est une notion trouble"

Ce n'est pas le cas partout. Chez Kia par exemple, de jolies jeunes femmes en mini-short posent à côté des voitures. Idem chez Maserati ou des mannequins en robe longue passent leur journée à côté de la nouvelle génération de la Quattroporte.

"Cette sexualisation de la voiture, associée au pouvoir masculin, est insupportable, s’insurge Florence Montreynaud, fondatrice de l’association féministe Les chiennes de garde, interrogée par l’AFP. On a l'impression qu'on a la fille avec la voiture pour le même prix! Quand les constructeurs nous font croire qu'ils ont besoin de ça pour le commerce, ils se moquent de nous".

Florence Montreynaud voit positivement l'arrivée de la parité sur les stands, comme les constructeurs français ou allemands. "C'est bon signe qu'une marque évolue dans le sens d'une démarche égalitaire, mais la mentalité égalitaire cohabite avec la mentalité archaïque des années 1950 avec les tenues provocantes", poursuit la fondatrice des chiennes de garde, qui conclut: "La notion d'hôtesse est trouble".

L'effet escompté du mini-short, susciter l'intérêt, voire l'achat, indigne d'ailleurs de plus en plus, comme chez la blogueuse automobile EnVoiture Carine. Rappelons, que selon une étude du cabinet GMC Factory en décembre 2014, 93% des femmes sont impliquées dans les achats automobiles de leur foyer.

Julien Bonnet et Pauline Ducamp, avec AFP