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Grand Paris: des élus demandent le report des interdictions des vieux véhicules

Des maires, dont celui de Clamart, dans les Hauts-de-Seine estiment que la mise en place d'une Zone faibles émissions dans le Grand Paris en 2019 est "précipitée". L'élu réclame un report d'un an de la mesure, qui prévoit l'interdiction des vieux diesel l'été prochain.

La Métropole du Grand Paris a décidé de bannir les véhicules polluants de son territoire. Ce lundi, les élus de la MGP ont voté en faveur de la mise en place d'une Zone faibles émissions à l'intérieur de laquelle les véhicules diesel puis essence seront progressivement interdits. Les premières interdictions devraient prendre effet dès l'été prochain pour les vignettes Crit'Air 5, soit les diesel immatriculés avant 2001, et les véhicules sans vignette, soit les essence et diesel d'avant 1997. Certains élus de la Métropole, comme le maire de Clamart, jugent cette échéance prématurée.

"On est sur une zone de fausse écologie, une écologie punitive qui est à la fois antisociale, inapplicable et prise dans la précipitation, un calendrier qui est intenable", résume sur BFM Paris Jean-Didier Berger, maire LR de Clamart. 

L'élu juge qu'un report d'un an serait opportun. "On pourrait reporter d'un an le temps de permettre de savoir exactement quels dispositifs, quelles sanctions et surtout quelles incitations pour nos concitoyens, que l'Etat encourageait à acheter des diesel pendant des décennies et à qui maintenant on dit stop, arrêtez tout", ajoute l'élu des Hauts-de-Seine. Jean-Didier Berger estime par ailleurs que la mesure devrait se faire "plus largement", à l'échelle de la région. 

"Il faut se donner du temps"

Dans le département voisin de la Seine-Saint-Denis, Laurent Russier, le maire communiste de Saint-Denis s'est abstenu lors du vote de lundi. Lui aussi juge "le calendrier tellement court". L'été prochain, les maires des 79 communes concernées par la Zone faibles émissions devront décider s'ils appliquent ou non la mesure sur leur territoire. "En l'état ce n'est pas possible", estime encore sur BFMTV Laurent Russier. Le timing de ces annonces, quelques jours avant le mouvement de grogne du 17 novembre, n'est pas des meilleurs pour faire accepter ces nouvelles mesures.

"Augmentons l'accompagnement au maximum des plus modestes qui ont besoin de leur voiture, même ancienne pour travailler. Accompagnons-les pour qu'ils aient une nouvelle voiture ou qu'ils aillent en vélo ou en transport en commun. C'est faisable, mais il faut se donner du temps", conclut-il. 

Le calendrier adopté lundi par la Métropole est-il définitif? Si lundi, Patrick Ollier disait vouloir faire "preuve de courage collectif" pour mettre en place cette mesure, le président de la Métropole n'en reste pas moins prudent.

"Quand on a décidé une date, pris une décision, on peut toujours la revoir et être assez intelligent si on n'est pas capable de la mettre en oeuvre de manière positive, en la reportant", a-t-il ainsi affirmé sur BFM Paris mardi, ouvrant ainsi la porte à un report possible en cas de difficultés. 

Carole Blanchard