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Garer sa moto ou son scooter à Paris: ce que vous avez le droit de faire (pour le moment)

La mairie de Paris envisage de rendre payant le stationnement des deux roues motorisés. Mais nombreux sont leurs utilisateurs qui ignorent aujourd'hui où ils ont le droit de laisser leur engin. Retour sur les règles qui encadrent le stationnement des motos et scooters.

Où peuvent se garer les motos et les scooters en ville? La question est plus que d'actualité alors que la mairie de Paris réfléchit à rendre payant le stationnement des deux roues motorisés et que l'émergence des offres en libre-service a entraîné une recrudescence des mauvaises pratiques.

Des espaces réservés

Dans les grandes agglomérations, on trouve des zones de stationnement dédiées aux deux-roues. Sur son site officiel, la mairie de Paris préconise de s'y garer "de manière privilégiée". "Plus de 6000 places ont vu le jour depuis 2014: il y a plus de 50.000 places dédiées à Paris", indique la municipalité.

Prudence sur les "places voitures"

Face au manque de places disponibles, la ville de Paris explique avoir autorisé les deux-roues motorisés à se garer également "sur les 133.000 places de stationnement voiture situées en voirie". Des places payantes pour les voitures mais qui restent bien gratuites pour les deux-roues.

La Fédération françaises des motards en colère (FFMC) invite toutefois les usagers à la prudence. Sur ces places traditionnellement dévolues aux voitures, le risque est de se faire percuter voire renverser, avec une pratique courante du touche-touche entre pare-chocs des automobilistes circulant dans la capitale. "On sait que le manque de place concerne tout le monde à Paris", explique le porte-parole de l'association Didier Renoux. 

Flou sur les trottoirs

Mais le principal champ de bataille de la guerre du stationnement reste sans aucun doute les trottoirs. Depuis l'an dernier, la Mairie de Paris a choisi de sévir en verbalisant les contrevenants. 

"Le stationnement sur les trottoirs d’une motocyclette, d’un tricycle à moteur ou d’un cyclomoteur est considéré comme gênant et peut donc être verbalisé: les véhicules concernés s'exposent à une amende de 135 euros et à une conduite à la fourrière de leur véhicule", indique le site officiel de la Mairie

Or, face au manque de places, la pratique se poursuit. Le Code de la route laisse place à une certaine tolérance en indiquant que "tout véhicule à l'arrêt ou en stationnement doit être placé de manière à gêner le moins possible la circulation".

Une interprétation sur le caractère gênant d'un deux-roues qui pose en effet problème pour savoir si on peut, dans les faits, garer son engin sur un trottoir. Dans un note datée du 1er avril 2008, la Préfecture de Police faisait le constat de l'insuffisance du nombre de places pour demander aux autorités de faire preuve de discernement dans l'action de verbalisation.

Mais avec les 6000 places créées depuis le début du mandat d'Anne Hidalgo et l'accès désormais gratuit aux "places voitures", la municipalité qui a entretemps repris la main sur la verbalisation du stationnement fait preuve de plus de fermeté. Elle applique finalement la suite de l'article du Code de la route encadrant le stationnement, qui ne fait preuve a priori d'aucune indulgence concernant les trottoirs: "Est considéré comme gênant la circulation publique l'arrêt ou le stationnement d'un véhicule: sur les trottoirs lorsqu'il s'agit d'une motocyclette, d'un tricycle à moteur ou d'un cyclomoteur."

L'un des exemples les plus frappants de ce changement d'attitude s'était déroulé en octobre dernier, lors du dernier Mondial de l'Auto et de la Moto, Porte de Versailles à Paris. De nombreux deux-roues motorisés des visiteurs de l'événement s'étaient faits enlevés, direction la fourrière.

D'après Le Parisien, 123.619 deux roues motorisées ont été verbalisés l'an dernier et 34.321 ont été emmenés à la fourrière.

Julien Bonnet