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Essai - Skoda Kamiq, l'efficacité tchèque dans un petit SUV

Un petit SUV avec une motorisation efficace et de nombreux équipements, le tout à prix contenu, c'est ce que propose Skoda avec son Kamiq. De quoi en faire le futur best-seller de la marque tchèque du groupe Volkswagen... et un concurrent pour les Peugeot 2008, Renault Captur et autres Volkswagen T-Roc.

C'est un petit SUV qui veut jouer les premiers rôles. Le Skoda Kamiq sort en effet alors que la marque tchèque du groupe Volkswagen affiche une forme étincelante avec des ventes en constante progression en Europe ces dernières années. En France, Skoda conserve toutefois une certaine marge de progression, avec seulement 1,6% de part de marché en 2019, contre près de 5% au niveau du continent.

Comme le Reichstag (le parlement allemand),  notre Kamiq profitait d'un toit vitré.
Comme le Reichstag (le parlement allemand), notre Kamiq profitait d'un toit vitré. © JB

Mais pourquoi le Skoda Kamiq?

Multiplier les SUV soutient la stratégie de croissance de la marque tchèque. Certes, Skoda a sorti la Scala, testée un peu plus tôt cette année, pour compléter son offre de berlines. En attendant la nouvelle Octavia prévue pour le début d'année prochaine. Mais ce sont bien les SUV qui figurent au centre de sa stratégie actuelle de développement. Après le grand Kodiaq (4,7 mètres de long), le SUV de taille moyenne, le Karoq (4,4 mètres), voici désormais le petit SUV urbain, le Kamiq (4,24 mètres)

Trois noms qui ne sonnent pas vraiment tchèque et pour cause. Ils sont empruntés à la langue des inuits d'Alaska. Le Kodiaq fait référence à une espèce d'ours, le Karoq se présente comme la contraction de "voiture" et "flèche" (comme sur le logo de Skoda). Le Kamiq signifie lui "seconde peau". Ce dernier affiche de grandes ambitions, avec 9500 commandes attendues par an. S'il y parvient, il doublera le best-seller actuel de la marque sur le marché français, la Fabia, sa berline polyvalente restylée en 2018.

Le digital cockpit permet d'afficher la navigation juste sous le nez du conducteur.
Le digital cockpit permet d'afficher la navigation juste sous le nez du conducteur. © JB

Au volant

Avec son petit gabarit (pour un SUV), le Kamiq se présente comme un véhicule à tout faire, à la fois à l'aise en ville et sur de plus longues distances. Le design est plutôt flatteur pour un modèle dont les tarifs démarrent à moins de 20.000 euros. On retrouve notamment la calandre commune aux modèles de la marque, entourée des projecteurs à deux étages. Sur notre modèle en finition "haut de gamme" Style (à partir de 25.380 euros), on profite même de clignotants à défilement à l'avant et à l'arrière ainsi que des phares full Led. 

Pour cet essai, nous avons choisi la version équipée du moteur essence TSI 1.0 de 116 chevaux, associée à la boite automatique DSG7. Ce sera a priori la combinaison la plus choisie par les clients français. Skoda propose également le même bloc essence mais avec une puissance de 95 chevaux et un deuxième TSI 1.5 affichant 155 chevaux. Un moteur diesel est également de la partie avec le 1.6 TDI de 116 chevaux.

Sur notre parcours d'essai qui se déroulait à Berlin et dans les alentours de la capitale allemande, notre 3 cylindres essence a parfaitement rempli sa promesse de polyvalence, se faufilant dans la circulation chargée d'une grande ville mais sans fausse note non plus sur les petites routes de campagne et sur autoroute. Les suspensions se révèlent un peu fermes sans que cela nuise au confort à bord. Le mode Sport ajoute un brin de dynamisme à un ensemble déjà correct. Le mode éco pourra lui limiter la consommation. A titre indicatif, elle était de 8,6 litres aux 100 à l'issue de notre essai. 

Dans les bouchons ou la circulation chargée en ville, le régulateur de vitesse adaptatif se révèle un parfait allié. Et le détecteur de présence de véhicules dans l'angle mort, la correction active de trajectoire ou encore l'alerte anti-collision renforcent le sentiment de sécurité à bord.

On ressort donc de ce Kamiq avec une impression globalement positive. Le sentiment de qualité à l'intérieur et les technologies empruntées au groupe Volkswagen en font un produit complet, à des tarifs plutôt compétitifs (voir "Le chiffre"). 

Les phares full Led à l'arrière du Kamiq renforce son aspect moderne.
Les phares full Led à l'arrière du Kamiq renforce son aspect moderne. © JB

"LES" truc en plus: les petites astuces de Skoda

Rien de nouveau mais Skoda propose plein de "petits trucs en plus", avec un discours clair à ce sujet: ce n'est pas réellement un argument de vente mais plutôt une manière de fidéliser les clients. Au moment de changer de véhicule, difficile d'abandonner ce côté pratique en passant à une autre marque.

On peut en effet piocher parmi une longue liste d'astuces "Simply Clever" ("Simplement intelligent", le slogan de Skoda) pour se simplifier la vie: système de protection des arêtes de portes, lumière escamotable dans le coffre pour se transformer en lampe de poche, gratte givre dans la trappe à carburant avec jauge de profondeur de bande de roulement des pneus... Le mauvais temps lors de notre essai nous a aussi permis de profiter du parapluie caché dans la portière.

L'intérieur du Kamiq offre une présentation moderne mais conserve des réglages de climatisation manuels, un bon point.
L'intérieur du Kamiq offre une présentation moderne mais conserve des réglages de climatisation manuels, un bon point. © JB

Le chiffre: 0

Comme le malus qui frappera les différentes versions du Kamiq. Skoda a en effet conçu son offre en France pour ne pas ajouter de surcoût à l'achat. Avec 111 grammes de CO2 par kilomètre, le TSI 150, plus puissant que notre modèle d'essai, reste en effet sous les 117 grammes qui déclenchent le malus cette année. Alors que le malus doit se déclencher l'an prochain à partir de 110 grammes, ce serait donc la seule combinaison concernée avec le TDI 116 associé à la boîte DSG7. Malgré le durcissement annoncé, la surtaxe devrait être limitée sur ces deux versions avec des niveaux d'émissions proches du seuil de déclenchement du malus.

De quoi permettre à Skoda de rester dans un positionnement tarifaire assez agressif: le Kamiq démarre tout juste sous les 20.000 euros avec le TSI 95 chevaux en boite manuelle 5 vitesses. Pour notre version d'essai en finition "Style" riche en équipements (Digital Cockpit, écran tactile 9,2 pouces, radars de stationnement avant et caméra de recul en particulier), le tarif démarre à 27.880 euros. 

Les passagers arrière peuvent profiter de la climatisation, de sièges chauffants et deux ports USB.
Les passagers arrière peuvent profiter de la climatisation, de sièges chauffants et deux ports USB. © JB
Notre modèle d'essai: Skoda Kamiq avec le moteur TSI 1.0 115 chevaux et la boite DSG en finition Style.
Julien Bonnet, avec Jessica Mohammedi