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Essai - Nouvelle BMW Série 1, une compacte qui va de l’avant

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BMW a renouvelé la Série 1 cet automne. Dans cette déclinaison ‘F40’ (son nom de code en interne), la compacte passe à la traction avant mais conserve son raffinement intérieur.

BMW a renouvelé fin septembre son petit modèle, la Série 1. Apparue en 2004, la compacte révolutionnait deux univers: celui de BMW, qui n’avait plus depuis longtemps de si petit modèle, et celui des compactes, où les constructeurs premium avaient envie d’investir.

La Série 1 de 1ère génération se caractérisait par une propulsion, inédit sur ce format, et un moteur six-cylindres en ligne (entre autres). En 2019, la troisième génération baptisée en interne 'F40' arrive sur le marché avec une révolution: la Série 1 est désormais une traction avant.

Mais pourquoi la Série 1 (F40)?

Chaque constructeur premium dispose de sa compacte. Le but de ces petits modèles est de conquérir des clients avec des véhicules plus petits, moins onéreux (sur le papier), qu’une grande berline, mais au contenu soigné et technologique. Audi doit dévoiler sa nouvelle A3 début mars. Mercedes a renouvelé la Classe A, son best-seller en France en 2018. En fin d’année dernière, c’était donc au tour de BMW de repenser entièrement sa Série 1.

Mercedes a misé sur les écrans et la connectivité avec le très performant assistant personnel MBUX. BMW se place un peu dans la même veine et dote la Série 1 d’un écran tactile et d’un assistant personnel. Mais c’est dans l’invisible que cette Série 1 évolue le plus. Elle reprend en effet la nouvelle plateforme du groupe BMW dédiée aux modèles à traction avant, la plateforme UKL. La Série 1 F40 dit donc adieu à la propulsion, ce qui faisait d’elle un modèle à part dans cette catégorie.

Face à ce changement majeur de philosophie, BMW n'a pas voulu bousculer plus ses clients. La Série 1 se reconnait au premier coup d'oeil: long capot, arrière très court. Cette nouvelle version est un peu plus petite que la précédente mais BMW promet de l'espace à l'intérieur. L'habitacle sera d'ailleurs plus accessible sur toutes les versions puisque la nouvelle Série 1 n'est plus proposée qu'en 5 portes.

Au volant

Une fois installé au volant, le conducteur se retrouve immergé dans un univers de conduite 100% digital. Notre version dispose en effet d’un écran derrière le volant, d’un écran 10,25 pouces tactile au centre de la console et de l’affichage tête haute en bas du pare-brise, via le pack BMW Live Cockpit Navigation Plus (le tout en option). BMW a conservé la molette comme sélecteur de menu sur l’écran central, pour ne pas perturber les clients fidèles.

L’apparition de l’écran tactile se veut dans l’air du temps, peut-être plus compatible avec la cible numéro 1 de cette nouvelle Série 1: des conducteurs plus jeunes. Tout est facilement utilisable, pour peu que la première mise en main de la voiture ait été bien faite. Reste à se créer une routine, entre l’écran, la mollette ou la commande vocale. L’organisation de la planche de bord offre plutôt au passager la possibilité d’utiliser la molette, l’écran tactile étant davantage tourné vers le conducteur.

Deux éléments nous ont particulièrement séduits. L’écran personnalisable derrière le volant peut afficher le GPS sous forme d’une carte très lisible (voir ci-dessous). Un petit bouton au centre de la planche de bord permet lui d’enclencher ou de désactiver tout ou partie des aides à la conduite que vous aurez au préalable sélectionnées. Ultra-efficace.

Clairement, malgré son petit gabarit, cette voiture est taillée pour passer du temps au volant. Après une heure et demie très stressante dans les embouteillages parisiens aux chaussées dégradées, et plusieurs heures sur autoroute, puis sur les petites routes de Champagne, la fatigue ne se fait pas particulièrement sentir grâce à des suspensions confortables et un habitacle très silencieux. Même si la nouvelle Série 1 reste plus raide que certaines compactes françaises.

‘LE’ truc en plus (ou pas): les roues motrices à l’avant

C’est le gros changement sur cette génération. Plus de propulsion, mais une traction avant. La direction est précise, la tenue de route efficace sans mouvement intempestif. On peut le regretter. Cette version semble un peu plus ‘plan-plan’ que les précédentes. Les rapports un peu longs de la boite rendent aussi atone ce qui faisait autrefois le charme d’une Série 1: son agilité à déboiter, à bondir au moindre appui sur l’accélérateur. La nouvelle plate-forme du groupe dédiée aux tractions avant (les Série 1 et 2 et les Mini) la rend tout de même agile grâce à un empattement plus court que sur la version précédente.

‘LE’ chiffre: 890

C’est en euros le prix de la nouvelle teinte "Melbourne Rot" de notre modèle d’essai, une couleur disponible en option. Ce chiffre résume la philosophie de BMW. Si la Série 1 est au demeurant bien équipée, pour accéder à des technologies au goût du jour que l’on peut attendre sur un modèle premium, il faut multiplier les options.

Dans sa configuration initiale, notre Edition Sport débute à 27.300 euros. Pour disposer du combo digital, rajoutez 1450 euros pour le pack Connected Drive avec le système BMW Live Cockpit Navigation Plus. Comptez 2200 euros pour la boite Steptronic à double embrayage, et 2500 de plus pour les aides à la conduite.

Notre modèle d’essai embarque au total pour 13.100 euros d’options et équipements supplémentaires. La facture finale dépasse les 40.000 euros. Et à ce tarif, il faudra régler manuellement le dossier du siège conducteur avec un levier comme chez un constructeur généraliste. De série, la climatisation est elle manuelle. Un peu pingre, le catalogue BMW?

Notre modèle d’essai: BMW Série 1 118i Edition Sport 140 chevaux à 40.400 euros.
Pauline Ducamp