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Essai BMW Série 3, la sobriété heureuse

La BMW Série 3 revient cette année dans une septième génération. Au volant d'une version 320d avec un moteur diesel de 190 chevaux et en transmission intégrale xDrive, on s'éloigne sans doute de l'idée que l'on peut se faire de la référence des berlines allemandes, mais c'est pourtant un compromis judicieux entre performances, confort et consommation.

C'est une série à succès mais vous ne la trouverez pas sur votre plate-forme de vidéos à la demande préférée. Son histoire remonte d'ailleurs à une époque où on regardait plutôt son feuilleton sur un écran cathodique que sur un écran de smartphone. De la naissance d'Antenne 2 à l'ère Netflix, la BMW Série 3 est toujours là. Elle fait en effet partie de ces modèles mythiques, où chaque nouvelle génération amène inévitablement un petit coup d'oeil dans le rétroviseur.

BMW a modernisé le design de la Série 3, mais sans casser les codes. Une recette qui fonctionne depuis plusieurs générations.
BMW a modernisé le design de la Série 3, mais sans casser les codes. Une recette qui fonctionne depuis plusieurs générations. © JB

Mais pourquoi la BMW Serie 3?

La saga Série 3 démarre en effet en 1975. L'idée est alors de proposer une berline alliant confort de conduite et performances. Le succès est immédiat et se confirmera par la suite. En plus de 40 ans de carrière, BMW a vendu plus de 15,5 millions d'exemplaires à travers le monde.

Née dans une configuration plaisante, associant propulsion et essence, la berline s'est en réalité tournée depuis longtemps vers le diesel et la transmission intégrale avec l'arrivée de cette proposition dès la deuxième génération, au début des années 80. Sur cette septième Série 3, il nous a donc semblé assez naturel d'opter pour une version 320d xDrive. Malgré la mauvaise image actuelle du diesel, cette motorisation était la préférée des clients sur l'ancienne génération. Et devrait le rester sur la nouvelle, comme l'anticipe BMW.

BMW a voulu donner plus de place aux passagers arrière. la nouvelle Série 3 a donc légèrement grandi (+8cm). Elle mesure désormais 4,7 mètres.
BMW a voulu donner plus de place aux passagers arrière. la nouvelle Série 3 a donc légèrement grandi (+8cm). Elle mesure désormais 4,7 mètres. © JB

Au volant

Découverte au dernier Mondial de Paris, on passera assez vite sur les détails esthétiques de cette nouvelle Série 3. Elle a gagné 8 cm pour s'étendre désormais sur 4,7 mètres, avec un gain de place aux places arrières. Le coffre reste lui inchangé, à 480 litres. Les nouveaux codes stylistiques BMW arrivent sur ce modèle, notamment avec la calandre au double haricot qui se touche désormais et entourée directement par les phares. A l'arrière, les feux évoluent également, avec une ligne remontant vers les ailes.

A l'arrière, les feux, que certains disent un peu trop copiés sur ceux que proposent Lexus en remontant sur la partie arrière de la carrosserie, ont le mérité d'apporter un peu de changement.
A l'arrière, les feux, que certains disent un peu trop copiés sur ceux que proposent Lexus en remontant sur la partie arrière de la carrosserie, ont le mérité d'apporter un peu de changement. © JB

A l'intérieur, la modernité est logiquement de mise. Aucune réelle nouveauté à signaler par rapport aux modèles récents de BMW que nous vous avions proposé à l'essai (les derniers X5 et X4 en particulier). La tablette tactile positionnée juste sous le pare-brise permet de le consulter en maintenant son regard près de la route. Sur notre version très bien équipée, on retrouve aussi la plupart des informations essentielles à la conduite sur les écrans des compteurs numériques et sur l'affichage tête haute.

Au volant, le moteur diesel développe 190 chevaux. Il offre de solides performances avec un 0 à 100 km/h en 6,9 secondes. Si la puissance est au rendez-vous, le mode Sport nous a un peu laissé sur notre faim en termes de reprise ou de durcissement de la direction.

C'est certainement pour mieux s'y retrouver côté consommation. Lors de notre essai assez rythmé, offrant un bon mélange entre conduite en ville, sur petites routes et voies rapides, nous n'avons pas dépassé les 7 litres aux 100 km. Sur autoroute, la consommation peut être stabilisée à environ 5 litres aux 100.

Pour en avoir plus sous la pédale de droite, il faudra sans doute se tourner vers les 258 chevaux de la 330i (essence et propulsion). La 330e, hybride rechargeable de 252 chevaux, et la sportive M340i avec ses 374 chevaux, sont attendues pour cet été, avec également une 330d xDrive avec un 6 cylindres de 265 ch au programme.

Le comportement du châssis se montre exemplaire dans les courbes, les suspensions filtrent parfaitement la route. Le silence est impressionnant lors de la conduite de notre 320d. Le pack confort ajoute en effet du double-vitrage, qui vient compléter le pare-brise insonorisé de série. Selon que l'on se trouve à l'intérieur ou à l'extérieur du véhicule la différence de perception du bruit du moteur est frappante.

A l'intérieur de la BMW Série 3 2019.
A l'intérieur de la BMW Série 3 2019. © DC

Confortable, cette Série 3 est également très technologique. La guerre des options avec Audi et Mercedes bat son plein et nécessite de proposer toujours plus de fonctionnalités. Le constructeur bavarois répond ainsi à la marque à l'étoile en proposant à son tour un assistant vocal (voir notre essai de la Mercedes Classe A). Petit plus chez BMW, la possibilité de renommer l'intitulé de commande pour interpeller ce Siri de l'automobile. Vous allez enfin pouvoir vraiment appeler votre voiture "titine"... et cette dernière vous répondra.

Au-delà de ce côté amusant, ces fonctionnalités sont appelées à considérablement se développer pour permettre d’interagir uniquement par la voix avec sa voiture. Ce n'est clairement pas encore au point, mais prometteur, le système est en effet supposé apprendre en continue et progressera donc pour répondre aux attentes des utilisateurs avec le temps.

Autre passage obligé de ce tour des technos: la conduite semi-autonome. Elle associe le régulateur de vitesse adaptatif au maintien dans la voie, avec beaucoup d'efficacité. A noter que des voyants apparaissent désormais directement sur le volant pour signaler au conducteur qu'il doit remettre les mains sur le volant.

L'habitacle d'une voiture
L'habitacle d'une voiture © DC

"LE" truc en plus: tchuss le malus!

Gros avantage de notre motorisation diesel, elle échappe quasiment au malus. Selon les jantes, notre version 320d xDrive, la plus émettrice de CO2, nécessite un paiement très symbolique, compris entre 40 et 75 euros. La 320d en propulsion échappe elle au malus. Au regard des performances d'une berline de plus ou moins 1,5 tonne selon les versions, cela se révèle un petit miracle.

Sur l'essence, que nous n'avons pu tester, les niveaux affichés de C02 oscillent entre 126 et 139 g/km de CO2, soit entre 80 et 613 euros de malus. Ce montant le plus élevé appliqué au prix de départ le plus faible d'une Série 3 essence représente moins de 1,4% du prix de vente.

Un mode Eco avec analyse du style de conduite est proposé sur la Série 3.
Un mode Eco avec analyse du style de conduite est proposé sur la Série 3. © JB

"LE" chiffre: 21.740

C'est, en euros, le montant des options ajoutées à notre modèle d'essai. Somme qui s'ajoute bien entendu au prix de base de notre 320d xDrive de 46.750 euros. Prix final: 68.490 euros. Ce business-model est un grand classique chez BMW (et les marques premium en général). Les options représentent 30% du prix final. Les 21.740 euros avoisinent le prix moyen pour acheter une voiture neuve en France. 

Parmi les options les plus chères se trouve la belle peinture "Portimau Blau" métallisée: 1040 euros sur la facture. La sellerie en cuir clair "Vernasaca" demande de rajouter 1850 euros. Le Drive Assist Pro, qui donne accès à la conduite semi-autonome, coûte lui 2350 euros. Mais la palme revient à la finition M Sport, à plus de 9000 euros. Au-delà des détails esthétiques, ce pack permet de profiter de la boîte automatique sport 8 vitesses avec palettes au volant, des phares Full Led directionnels et de l'aide au stationnement.

Pour rouler dans le silence, le pack confort à 2050 euros permet de profiter du vitrage insonorisant (un double vitrage latéral qui vient compléter le pare-brise insonorisé de série). Il apporte aussi les sièges avant à réglages électriques et chauffants et l'appui lombaire. Le pack Connected Drive à 500 euros conviendra plus aux conducteurs geeks, avec la recharge sans fil à induction, un hotspot Wifi, les compteurs virtuels ("Live Cockpit Navigation Pro") ainsi qu'une alarme antivol. 

La finition M-Sport ajoute de nombreux équipements et de jolis logos M.
La finition M-Sport ajoute de nombreux équipements et de jolis logos M. © DC
Notre modèle d'essai: BMW 320d xDrive en finition M Sport, 68.470 euros (avec options)
Julien Bonnet, avec Daphnée Caravaca