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Essai - Audi RS Q3 Sportback, au volant du SUV compact le plus puissant au monde

Audi étoffe sa gamme de SUV avec l'arrivée du RS Q3 Sportback, un SUV coupé et sportif pendant du Q3.

Audi étoffe sa gamme de SUV avec l'arrivée du RS Q3 Sportback, un SUV coupé et sportif pendant du Q3. - Antoine Larigaudrie

Face au succès croissant des carrosseries SUV, Audi implante son moteur historique cinq cylindres turbo dans un SUV moyen coupé. Un cocktail détonant, mais quid de l’homogénéité et de la cohérence?

La vie des constructeurs automobiles s’apparente parfois à une lutte permanente contre les lois de la physique. Avec l’inexorable montée en puissance des parts de marché du SUV (40% en Europe et en France), le segment constitue désormais un mini-marché en soi, d’une grande diversité, du point de vue des formes de carrosserie, taille, motorisations et électrification. Le SUV sportif est devenu un must-have pour chaque marque ppur chapeauter cette nouvelle gamme, même s’il paraît aberrant de rendre véritablement sportifs des engins aussi lourds et peu maniables.

Avec 4,50 mètres de long, le RS Q3 Sportback se positionne comme un véhicule de taille moyenne.
Avec 4,50 mètres de long, le RS Q3 Sportback se positionne comme un véhicule de taille moyenne. © Antoine Larigaudrie

Et il est clair qu’au vu des derniers développements en matière de règles antipollution, surtout au niveau européen, le segment le plus appelé à se développer est celui des SUV moyens, ni trop lourds, ni trop gros, destinés avant tout à un usage urbain. Et même sur ce terrain, les constructeurs premium viennent ajouter leur patte. Audi frappe très fort avec le RS Q3 Sportback, basé sur le pourtant très sage et très familial SUV Q3.

"Vous allez voir, tout le monde va vous regarder. On dirait un mini-Lamborghini Urus!", glisse le responsable de chez Audi, et il a bien raison.

Doté d’une peinture verte incroyable (vert Kyalami en référence au circuit de Formule 1 sud-africain), d’une calandre avant toute noire (option black-out qui transforme toutes les parties chromées en noir brillant) et de grosses jantes de 21 pouces… L’engin a déjà un fort impact visuel. Et sa carrosserie "coupé", avec un hayon plus fuyant que la version SUV classique, contribue à donner à l’engin un côté ramassé et compact très plaisant (avec un impact négatif de 100 litres sur la capacité de coffre, par rapport à la carrosserie SUV classique).

Comme le break RS6, ce SUV veut marier le meilleur des deux mondes: la sportivité d'un côté, le SUV de l'autre.
Comme le break RS6, ce SUV veut marier le meilleur des deux mondes: la sportivité d'un côté, le SUV de l'autre. © Antoine Larigaudrie

Un vrai atout pour une voiture de 4,50 mètres de long et d’un poids total d’1,7 tonne. L’intérieur, de tout premier ordre, mélange sièges sport fermes mais ultra-confortables à un intérieur racé, mêlant cuir, plastiques laqués et alcantara. Les passagers installés à l’arrière ne sont pas oubliés avec un espace bien suffisant et l’impression de ne rien manquer du spectacle.

Le bon point: un moteur mythique, une vraie conduite de sportive

Le spectacle commence en poussant le bouton d’allumage du moteur. Une musique superbe retentit, qui rappelle les Audi Quattro qui régnaient en maîtresses sur les championnats de rallye dans les années 80. Le 2,5 litres 5 cylindres turbo de 400 chevaux (le même que celui de la compacte RS3 et du coupé TT RS) s’ébroue et semble tout à fait à sa place dans ce drôle d’engin trapu et haut sur pattes.

Sous le capot du RS Q3 se trouve un cinq cylindres 2,5 litres de 400 chevaux.
Sous le capot du RS Q3 se trouve un cinq cylindres 2,5 litres de 400 chevaux. © Antoine Larigaudrie

Activez au volant le programme de réglages RS1, l’amortissement se raffermit, la direction devient plus directe et la pédale d’accélérateur réagit plus rapidement. Et surtout le son de l’échappement se libère, devenant rapidement un atout majeur de ce modèle.

"Bien entendu que l’utilité de tels engins, qu’on ne vendra a priori qu’à une cinquantaine d’exemplaires en France par an, ne saute pas aux yeux, reconnait-on chez Audi. La clientèle sportive aura d’entrée de jeu choisi une berline RS3 ou un coupé TTRS, mais ce RSQ3, il nous est indispensable. Il est la preuve qu’on peut réellement tout faire. Même un SUV sportif authentique! Et en plus convaincre deux clientèles: les sportifs qui pourront sans arrière-pensée regarder du côté des SUV, et les conquis de ce segment, qui pourront peut-être craquer pour des modèles un peu inférieurs, mais qui auront sans doute des prétentions plus sportives que ce qu’ils prévoyaient à l’origine. C’est un engin de conquête!".

Et de fait il y a de quoi être conquis. Monter un moteur de course sur un SUV n’est pas un problème pour quelque constructeur que ce soit. Avec l’électronique et l’ingénierie, on arrive à construire des engins surpuissants, qui restent maniables et confortables. Mais pour autant, en fait-on à coup sûr une voiture homogène, avec une vraie ligne directrice?

Le RS Q3 Sportback se veut avant tout un modèle sportif, avec une accélération de 0 à 100 en seulement 4,5 secondes.
Le RS Q3 Sportback se veut avant tout un modèle sportif, avec une accélération de 0 à 100 en seulement 4,5 secondes. © Antoine Larigaudrie

Ce qui manque chez nombres de gros SUV sportifs ne fait pas défaut au RS Q3. Equilibré, très dynamique, très sain, il distille de vraies sensations sportives qui réjouiront sans doute même les sceptiques! Les suspensions sont admirablement bien réglées pour encaisser les pics de puissance, l’engin vire à plat, la boite auto sept vitesses à double embrayage envoie la puissance avec une grande souplesse et on sent avec plaisir la transmission Quattro faire son travail permanent de recherche de l’équilibre maximal, même quand on commence à vouloir enchainer les virages. Bluffant!

A ce niveau le RSQ3 n’a aucun véritable concurrent. Les seuls pourraient être un éventuel BMW X1M, un Mercedes GLA AMG plus puissant ou un hypothétique Peugeot 3008 Peugeot Sport Engineered! Autant dire que le RS Q3 Sportback va rester au sommet de son segment pendant un bon moment.

Le point noir: quelques détails de finition…

Quelques petits défauts feront grincer des dents. Des plastiques un peu bas de gamme à certains endroits tranchent avec l’atmosphère sportive et haut de gamme du cockpit, tout comme un levier de vitesse vraiment pas très joli… alors qu’Audi propose par ailleurs des leviers de vitesse de plus en plus design et plaisants à l’œil comme au toucher.

La qualité de finition du RS Q3 Sportback laisse parfois à désirer, par exemple au niveau de certains plastiques.
La qualité de finition du RS Q3 Sportback laisse parfois à désirer, par exemple au niveau de certains plastiques. © Antoine Larigaudrie

Et puis… Le RSQ3 aura toujours les défauts de ses qualités. C’est un véritable piège à permis qui vous emmènera sans aucun effort apparent a des allures fort peu légales, faisant le 0 à 100km/h en 4,5 secondes. Vigilance nécessaire!

Mais à quel prix? Gourmand, très cher… mais tellement unique!

Il est évident aussi qu’il est doté d’une solide soif de carburant, de 9 à 11l/100km en moyenne, et qu’il émet beaucoup de CO2 (202g/km, le rendant éligible à un malus de 13.000 euros…). Et de fait, déjà très cher (93.000 euros pour le modèle essayé), il devient totalement hors de prix.

Notre modèle d'essai avoisine les 93.000 euros.
Notre modèle d'essai avoisine les 93.000 euros. © Antoine Larigaudrie

Reste que la cinquantaine d’amateurs français qui craqueront cette année n’hésiteront absolument pas, tant ils auront à leur disposition un engin d’une grande homogénéité, spacieux et pratique, dans lequel souffle très clairement l’esprit des grands coupés Audi Quattro des années 80. Une véritable démonstration, de nature à considérer que OUI, certains SUV sportifs peuvent être intéressants, amusants, et authentiquement sportifs !

Par Antoine Larigaudrie