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Comment obtenir une plaque VIP à son nom décorée de chatons

Une plaque avec son nom et des motifs animaux, c'est légal aux Etats-Unis. En France, la question de la personnalisation des plaques se pose.

Une plaque avec son nom et des motifs animaux, c'est légal aux Etats-Unis. En France, la question de la personnalisation des plaques se pose. - Flickr - Ludwik Stawowy - CC

Obtenir une plaque d'immatriculation personnalisée en France, ce n’est pas possible. Ou pas encore. Le conseil régional d’Ile-de-France a tout juste voté la personnalisation sous certaines conditions. Mais cette pratique est très répandue dans le monde, entre tirage au sort, gros sous et motifs validés par les autorités.

"Number1", "TSLA*EV", "DSLGTE", il ne faut pas chercher longtemps sur internet pour trouver des numéros de plaque plus farfelus les uns que les autres. Pourtant, derrière le délire des propriétaires de ces acronymes plus ou moins heureux, se cache une réglementation à chaque fois pointilleuse. Car si en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis ou aux Emirats Arabes Unis, on peut personnaliser sa plaque, tout ne se fait pas n’importe comment. Et coûte un peu d'argent.

>Aux enchères

Aux Emirats Arabes Unis, la personnalisation des plaques est ainsi une histoire d’enchères. Des plaques aux numéros très explicites, "1", "2000" ou "777", sont régulièrement mises aux enchères de manière très officielle. Pour les riches Emiratis, la plaque d’immatriculation est devenue un objet de spéculation comme un autre, qui peut aussi faire grimper le prix de revente de leurs supercars.

>Signer un gros chèque

Les Emiratis dépensent donc des fortunes pour leurs plaques. Mais ils ne sont pas les seuls. En Grande-Bretagne, le préparateur britannique Afzal Kahn, a ainsi déboursé en 2007 572.000 euros pour une plaque d’immatriculation "F1", destinée à une McLaren-Mercedes SLR. Et comme les Emiratis, plus que la mise de départ, c’est le prix de revente qui importe. En 2014, il demandait 12,5 millions d’euros à qui voudrait lui racheter la célèbre plaque, rapporte La Revue Automobile.

Les gouvernements ont bien compris ce business. La Driver and Vehicle Licensing Agency (DVLA, l’organisme qui s’occupe des immatriculations au Royaume-Uni) estime ainsi qu’elle a récolté plus de 2 milliards de livres (2,3 milliards d’euros), grâce aux enchères de plaques personnalisés depuis 25 ans, rapporte le site spécialisé AutoExpress. En Belgique, la mesure a été introduite en 2014, avec en moyenne 1.000 euros récoltés par plaque.

>Des interdits

Mais même à ce tarif, impossible d’écrire n’importe quoi. Le milliardaire russe Roman Abramovitch a acquis il y a quelques années la plaque "VIP 1". Ca passe. "25 O" aussi, plus particulièrement si la plaque est destinée à une Ferrari 250 SWB, un modèle rare. Cette plaque détient le record de plaque la plus chère jamais vendue en Grande-Bretagne, à 518.000 livres (607.000 euros) en 2014 à un concessionnaire Ferrari.

En revanche, rappelle le DVLA, il est interdit d’écrire "SEX", "GOD" ou certaines insultes sur les plaques d'immatriculation, comme "PU15 SSY", un numéro de plaque recalé par les autorités. Idem en Allemagne, où les combinaisons qui rappellent les régimes totalitaires nazis ou communistes sont proscrites.

>Des motifs validés par les autorités

En Californie, l’Etat fournit toute une liste de motifs validés, en règle avec la sécurité routière: "Pet Lovers" (ami des animaux), "Yosémite", comme le célèbre parc ou "Veterans", "Memorial" avec le drapeau comme fond de la plaque ou "Kids".

>Et en France?

Début juillet 2016, la personnalisation des plaques françaises se résume au choix de la matière, du plexiglas ou de la fibre de carbone, et du département présent en plus du logo régional. Toute autre personnalisation, avec l’ajout d’un logo, d’un motif, est puni de 375 euros d’amende, car interdite par le code de la route. Mais la région Ile-de-France souhaite entériner la personnalisation, afin de financer le code de la route de centaine de jeunes en Ile-de-France.

Pauline Ducamp