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Comment fonctionne un radar automatique

3275 radars automatiques sont installés au bord des routes françaises.

3275 radars automatiques sont installés au bord des routes françaises. - PASCAL GUYOT / AFP

3275 sont en place depuis 2003 sur le bord de nos routes. Ils contrôlent automatiquement la vitesse grâce à des technologies de plus en plus complexes.

C’est un flash que les conducteurs n’aiment généralement pas voir se déclencher à leur passage. En 2017, 26,1 millions de flashs ont été comptabilisés via les 3275 radars automatiques installés sur tout le territoire. Comment fonctionnent ces appareils, fondement de la politique de sécurité routière en France depuis 2003?

Des ondes et un flash

Le principe du radar automatique est simple. Le radar émet une onde électromagnétique, sur une fréquence définie, et dans une direction prédéfinie. Cette onde va rebondir sur un objet (sur la route, un véhicule). Ce reflet va alors revenir vers le radar, dans une fréquence légèrement différente. Cette différence vient de l’évolution de la distance entre l’émission des ondes par le radar, et leur réception. C’est l’effet Doppler-Fizeau. En effet, la voiture a progressé sur la route entre le moment où les ondes ont été émises, et quand le radar les reçoit à nouveau. C’est cette différence qui permet de calculer la vitesse réelle du véhicule.

Une marge d’erreur

S’ils sont de plus en plus performants, les radars automatiques disposent cependant d’une marge d’erreur, vue comme une tolérance dans l’établissement d’un PV et donc d’une amende. Sous la barre des 100km/h, la marge d’erreur est de 5km/h. Si vous êtes flashé à 57km/h, sur une route limitée à 50, la vitesse retenue sera de 52km/h. Vous serez donc verbalisé. Si vous êtes flashés à 55km/h, vous ne le serez pas. 

Au-delà de 100 km/h, la marge d’erreur équivaut à 5% de la vitesse, peut-on lire sur le site de la Sécurité routière. Par exemple, à 110km/h, la tolérance est de 5,5km/h. la verbalisation tombe à partir de 116km/h.

Un flash à 50 mètres en moyenne

Lorsque le radar enregistre une vitesse supérieure à celle pour laquelle il est calibré, il émet un flash qui correspond à la prise d’un cliché. Souvent, ce sont en fait deux clichés qui sont pris: un pour lire la plaque, un autre pour identifier le conducteur. Sur les radars les plus anciens, la distance de contrôle est de 50 mètres.

Ce cliché ne signifie cependant pas à coup sûr une amende. En effet, chaque cliché est analysé par un officier de police judiciaire. S’il ne peut établir à coup sûr que l’infraction a bien été commise par ce véhicule, l’infraction ne sera pas établie.

Ce fonctionnement s’est ainsi appliqué ces dernières semaines. Alors que la moitié des radars automatiques étaient endommagés, le nombre de flashs a augmenté de 30%, sans pour autant générer une hausse similaire du nombre d’amendes. Si le radar est par exemple bâché, la photo ne sera pas exploitable, le doute bénéficie en effet aux automobilistes.

Six générations de radars sur les routes

Les anciennes générations de radar pouvaient mal fonctionner, par exemple sous la pluie. Des générations plus récentes se basent alors plutôt sur le calcul de la position du véhicule à plusieurs distances, et en déduisent ainsi la vitesse, au lieu de focaliser sur la longueur de l'onde.

Les radars les plus récents sont eux appelés discriminants. Ils sont programmés pour distinguer poids-lourds et voitures légères, donc flasher selon plusieurs vitesses pré-établies. Ils peuvent aussi flasher les véhicules à l’avant comme à l’arrière, et faire évoluer la vitesse selon les conditions météo. Piler devant le radar ne sert donc à rien, ni accélérer à nouveau juste après l’avoir dépassé. Ces radars sont aussi souvent utilisés comme des radars double-sens. L’an dernier, un tout nouveau type de radar avait été présenté. Ce super-radar pourra alors mesurer la vitesse de 32 véhicules sur 8 voies.

Pauline Ducamp