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Christine, la Plymouth des années 50 qui fit trembler les ados des 80's 

La Christine du film éponyme arbore la même livrée rouge et chrome.

La Christine du film éponyme arbore la même livrée rouge et chrome. - Georg Sander - Flickr - CC

Si la voiture autonome est perçue par de nombreux experts comme un moyen d’éviter les accidents, la vision du réalisateur de film d’horreur John Carpenter est beaucoup plus dramatique. Dans Christine, la Plymouth Fury se déplace seule, mais pour tuer.

Stephen King, John Carpenter, ces noms fleurent bon l’horreur. Quand ils traitent d’automobile, le côté diabolique de la machine prime sur le plaisir de la balade. Réalisé en 1983, inspiré d'une nouvelle de Stephen King, Christine est un film d’horreur dont le ressort dramatique et meurtrier est une Plymouth Fury, une grande berline de 1958 au look délicieusement old-fashion. La Plymouth est achetée par un jeune homme, Arnold Cunnigham, surnommé Arnie et interprété par Keith Gordon. Adolescent solitaire, il entreprend la réparation de la Plymouth… jusqu’à ce qu’il découvre que "Christine" (le petit nom donné à la voiture et titre éponyme du film) est en réalité vivante. Et n’a pas toujours de bonnes intentions quant aux êtres humains, peut-être à cause de son ancien propriétaire...

La Fury sied très bien au personnage de Christine. Son nom comporte tout d’abord une dose d’irrationalité mythique qui colle au personnage de cette voiture qui n’apprécie pas beaucoup les humains qui ne lui reviennent pas. Son look de berline des années 50, avec des flancs façon ailerons de fusée, ne laisse ensuite pas réellement présager cette folie meurtrière. Et contribue donc pleinement à l’intrigue. Mais en l’examinant de plus près, la forme arrondie du capot au-dessus des phares avant, toujours totalement allumés dans le film, le gros pare-choc à l’avant, la grille de radiateur sous la calandre et les vitres noires opaques lui donnent un air féroce.

L’année de naissance de Christine et de la Fury remonte à 1958. Lors de sa première apparition en 1956 dans la galaxie Plymouth-Chrysler, elle n’était avant qu’un modèle dérivé de la Belvédère. Mais restylée, la berline complète cette année-là la gamme Plymouth et durera plus de vingt ans. Un peu plus de 5000 exemplaires seulement furent produits en 1958, ce qui en fait une petite curiosité automobile. Sous le capot, elle peut embarquer un moteur V8 5.2 de 290 chevaux ou 5.7 de 305ch. Quelques exemplaires identiques à celle du film sont encore en circulation aux Etats-Unis. La marque Plymouth a elle disparu au début des années 2000, faute de rentabilité.

La face avant de la Plymouth Fury lui donne presque figure humaine, mais une figure humaine pas forcément sympathique.
La face avant de la Plymouth Fury lui donne presque figure humaine, mais une figure humaine pas forcément sympathique. © Chris Phutully - Flickr - CC
Pauline Ducamp